Le président sortant, Madiambal Diagne a saisi cette occasion pour faire l'état des lieux. " Chers amis membres du Comité international, je tiens à vous remercier pour avoir bousculé votre agenda professionnel et/ou familial, pour pouvoir être à ces 49èmes Assises internationales de la Presse francophone, ici à Benguerir. Je suis d’autant plus heureux que ces retrouvailles de la grande famille de notre organisation se déroulent après une absence et une suspension forcée de nos activités internationales depuis deux ans.
Les 49es Assises internationales qui nous réunissent aujourd’hui, avaient été annoncées et reportées à deux reprises, depuis 2020, pour cause de la pandémie du Covid. La confiance de nos partenaires fidèles au Maroc et en France et l’engagement et mobilisation de la section marocaines ont rendu possible nos retrouvailles. Qu’ils en soient remerciés. Je suis heureux de vous dire que notre groupe s’est encore élargi cette année. Nous accueillons de nouveaux membres représentant l’Italie, la Macédoine du Nord et la Géorgie. Souhaitons leur la bienvenue parmi nous. Vous remarquerez également l’absence à cette assemblée générale de certaines sections nationales.
Chers amis membres du comité international, depuis 2014 à Dakar, notre organisation a fait de la transparence son credo. Transparence dans la gestion, dans l’organisation et dans la communication. Aussi, disons-nous les choses en toute franchise. Dans un souci de rationalisation, de démocratisation et de dynamisation de nos structures - et dans la transparence la plus totale-, le bureau international a pris la décision en amont de l’organisation de ces Assises de rompre avec certaines habitudes qui faisaient que certaines sections sans activité et sans apport réel dans la vie de notre organisation se retrouvent invitées tous frais payés pour ce qui s’apparente à des vacances annuelles. Les membres du bureau international, faisant le constat que certaines sections entières -présidents compris- n’avaient pas renouvelé leurs cotisations depuis deux ans, que ces sections n’ont quasiment aucune activité et qu’ils ne participent pas à la vie de l’organisation, ont pris la décision d’imposer certaines conditions à la participation. La décision avait été communiquée via circulaire à l’ensemble des membres du comité international.
Elle stipulait clairement que « les présidents des sections n’ayant pas assuré les renouvellement des adhésions de leurs sections respectives et n’ayant ainsi pas rempli leur obligation de président pourront participer aux Assises (et à la réunion du Comité international) en prenant en charge leur déplacement et les frais d’inscription en accord avec leur propre statut de cotisation ( 200 euros pour les présidents n’ayant pas assuré les adhésions de leurs sections respectives mais ayant payé leur propre adhésion ; 500 euros pour les présidents n’ayant pas assuré les adhésions de leurs sections et n’ayant pas payé leur propre adhésion ».
Sur ce point, le président sortant a tenu à rappeler les efforts qui ont été faits en amont. " Avant de prendre une telle décision, le bureau international a privilégié le dialogue et la communication. Plusieurs circulaires vous sont parvenues tout au long de l’année 2020, 2021 et 2022 rappelant les présidents de sections à leur responsabilité pour ce qui est de la mobilisation de leurs membres et adhérents pour le renouvellement de leurs cotisations. Si ces appels ont trouvé écho auprès de certaines sections -par ailleurs- toujours impliquées dans l’action de fidélisation de leurs adhérents de recrutement de nouveaux profils, d’autres par contre invoquent des prétextes ou ignorent tout bonnement ces appels. Est-il normal à vos yeux que des présidents de sections, qui ne prennent même pas la peine de renouveler leur propre cotisation, qui sont absents pour leurs propres adhérents qui les ont élus et qui se trouvent souvent livrés à leur propre sort, des présidents qui ne comptent aucune activité à l’actif de la section qu’ils sont censés représenter puissent exiger que leur participation au comité international soit prise en charge. Entendons-nous bien, le sens derrière la décision du bureau international, pour qui veut bien le voir, est celui de motiver les bonnes volontés et d’encourager à l’action. Nous avons pris la mesure de l’engagement réel de certaines sections, et fait le constat heureux de leur dynamisme et de leur inventivité – malgré le contexte difficile de la pandémie et malgré des ressources souvent très réduites – et qui contribuent fortement au rayonnement de notre Union. Comme nous faisons le constat triste de l’absence de volonté chez certaines sections qui sombrent dans une léthargie totale ainsi que leurs responsables qui ne se rappellent au bon souvenir de l’UPF internationale qu’au moment de l’organisation des Assises internationales.
Le plus souvent pour s’enquérir des conditions et exiger leur prise en charge totale à nos Assises. Ces sections contribuent au contraire à ternir chaque jour un peu plus l’image de l’UPF et à lui mettre du plomb dans les ailes. Depuis 2014, les dirigeants au bureau international de l’UPF travaillent sans répit au rétablissement de la confiance auprès de nos partenaires. Leurs efforts sont rendus difficiles sinon vaines par l’image souvent négative que certains de ces partenaires se font de notre organisation et qui ne se cachent même plus de nous le faire savoir ouvertement. Or, rétablir la confiance des partenaires demande de rompre avec certaines habitudes et d’exiger le même niveau de rigueur de toutes nos sections nationales. Récompenser la médiocrité revient à déprécier le travail de ceux qui s’engagent volontairement pour le succès de l’action commune".
L’heure est à la rationalisation de notre gestion
"Chers membres du comité international, vous le savez bien notre association n’a pas d’activité génératrice de revenus. Elle vit avant tout des subventions de partenaires qui se montrent exigeants quant à l’attribution de ressources financières. Seule une organisation forte de son action, du nombre et de la qualité de ses membres est attractive à leurs yeux. Notre responsabilité est de travailler à hisser l’UPF à un niveau d’exigence et de qualité qui la rende crédible et fréquentable. Les Assises internationales de la presse francophone ont été pensées pour être un moment de réflexion et d’échange autour des préoccupations de notre profession et plus globalement de nos sociétés. Nous devons travailler tous ensemble à les placer comme le lieu incontournable de la production des idées.
Comme les Assises, la réunion du comité international se doit d’être le lieu de production des idées pour le développement de notre Union et le renforcement de son image dans le concert des associations internationales. Vous avez été appelés à produire des rapports d’activité. Si certains de ces rapports reflètent le dynamisme des sections qui les ont produits et nous offrent à voir la place qu’elles ont pu acquérir dans leurs zones d’action respectives, d’autres en revanche se résument à de simples notes d’intentions. Nous avons ainsi des sections productives d’idées qui arrivent à s’allier des partenaires et agir pour le bien de la profession et pour le rayonnement de notre organisation. Elles sont sources d’inspiration. Vos activités seront ainsi étudiées, évaluées, encouragées. Votre dynamisme salué et votre inactivité pointée. L’objectif est que tous se mettent au diapason et produisent des idées et de l’action. L’avenir exige de nous plus de compétitivité si nous voulons continuer d’exister".
Chers membres du comité international,
"L’UPF internationale a passé le cap de ses 70 ans d’existence en 2020. Elle a connu des périodes de faste et des périodes de vaches maigres. Lorsque nous avons été élus en 2014, l’UPF était au plus mal. Nous avons travaillé à lui insuffler une nouvelle dynamique et nous avons inscrit les exigences de rigueur, de transparence et de démocratie dans son ADN. Nous avons pu, grâce à un travail collectif et volontaire, l’installer sur une voie dont elle ne peut aujourd’hui dérailler au risque de disparaître. Les deux années de pandémie que nous venons de vivre ont freiné l’élan qui avait été donné. La secrétaire générale Zara Nazarian, alors nouvellement élue, avait pris son bâton de pèlerin et multiplié les rencontres avec les principaux partenaires présents en France pour remettre en orbite l’UPF. Un travail fructueux, amorcé avec la participation à nos 47es Assises en Arménie, qui a abouti à l’installation d’une collaboration soutenue avec l’UNESCO. Après la production d’un guide sur la couverture médiatique des sujets de migration, l’UNESCO a financé des formations sur le même thème au profit des membres de quatre de nos sections nationales (Maroc, Tunisie, Niger et Liban). Il est important de souligner que ces formations se sont déroulées en pleine période de pandémie et que les équipes des 4 sections ont été totalement impliquées dans la conduite des projets.
D’autres projets sont dans les tuyaux et la collaboration avec l’UNESCO, nous l’espérons bien, est ainsi inscrite dans la durée. Un travail de plaidoyer et de négociation suivie a également été entretenu avec le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères qui a fini par donner ses fruits puisque le MEAE compte pami les sponsors de la présente édition de nos Assises. Pour rappel, le MEAE fait partie des partenaires historiques de l’UPF, mais ce partenariat avait été suspendu depuis plusieurs années.
Le même travail de négociation patiente et persuasive est entrepris avec l’Organisation internationale de la Francophonie qui vient d’accréditer officiellement l’UPF parmi ses associations partenaires. Ce travail, mené avec minutie a évité le pire à notre Union qui s’est retrouvée fortement démunie après nos 48es Assises tenues à Yaoundé en novembre 2019. Après une première promesse de subvention, le budget alloué aux Assises par le Gouvernement Camerounais a été réduit de moitié. Le contrat convenu en définitive stipulait un soutien global de l’ordre de 152.000 euros.
Après de laborieuses négociations, il a été convenu que l’UPF internationale prenne en charge le transport des participants et que le gouvernement Camerounais prenne en charge la logistique sur place. Vous avez tous été témoins de la prise en charge sur place mais nous devons souligner que l’UPF n’a pu avoir que 50.000 euros en amont des préparatifs des Assises alors même qu’il lui revenait de régler dans l’immédiat les facture de la billetterie qui pour rappel coûte énormément cher pour une destination comme le Cameroun.
Soit dit au passage, l’UPF a pris en charge les billets des intervenants ainsi que celui de l’ensemble des membres du comité international. L’Union a du ainsi puiser dans ses propres ressources afin de s’acquitter de la totalité des frais du transport aérien à l’international. C’est au retour des Assises et à la suite de plusieurs relances que le gouvernement camerounais a dû régler une seconde tranche de 50.000 euros totalisant 100.000 euros de subventions reçues sur les 152.000.
Les relances ont continué depuis pour récupérer les 52.000 euros de reliquat et c’est aux environs du mois de juin 2020 – soit une année après la signature du contrat de convention - que la section Camerounaise a dû faire le transfert de 22.000 euros sur les 52.000 euros de reliquat dû. A ce jour, le gouvernement Camerounais reste redevable à l’UPF internationale de la somme de 30.000 euros. Les relances, lettres officielles et autres rencontres, toujours suivies de promesses non tenues, n’ont pas réussi à convaincre le gouvernement Camerounais d’honorer son engagement auprès de l’UPF internationale.
La section Camerounaise chargée de faire le suivi de ce dossier n’a fait que de relayer les promesses sans effet. Cette situation des comptes, suivie d’une période de pandémie sans activité ont contraint l’UPF internationale à puiser dans ses propres ressources pour continuer à exister. Le bureau international a dû prendre la décision de rationaliser les ressources pour maintenir le siège ouvert. Le poste de secrétariat est ainsi vacant depuis deux ans induisant une surcharge de travail pour la direction. Les charges de fonctionnement devenant lourds à supporter – entre un loyer qui avait augmenté en 2019 et le manque d’activité – le bureau international a opté pour une réduction des charges de fonctionnement. C’est ainsi que la décision de quitter le siège de la cité Bergère a été prise pour une solution locative à la fois moderne et générant très peu de coûts.
Les nouveaux locaux sis au 73 rue de Clichy dans le 9e arrondissement de Paris sont des locaux partagés. Ils ont l’avantage d’être modernes, contre les locaux anciens demandant des coûts importants pour une mise aux normes pourtant inévitable des branchements électriques. Des locaux dont le loyer commençait à fortement peser aux côtés des différentes aux charges d’électricité, de téléphone…Aujourd’hui, pour un loyer divisé par plus de la moitié, l’UPF dispose de sa ligne téléphonique – restée inchangée – et de toutes les commodités pour travailler et recevoir ses membres. Depuis novembre 2019, date de nos dernières Assises, trois années se sont écoulées, durant lesquels l’UPF a relevé le défi de se régénérer dans l’adversité. De nouveaux membres nous ont rejoint et des sections nouvelles ont été créées avec entrain. La nouvelle section en Italie, créée tout récemment compte déjà à son actif plus d’une trentaine de membre. La section italienne travaillera en étroite collaboration avec la section valdôtaine, son ainée de plusieurs années, à organiser un symposium dans la ville de Bari. Avec le soutien du secrétariat général de l’UPF, qui travaille comme facilitateur, des partenariats sont conclus pour réussir ce rendez-vous au mois d’octobre prochain".
En dépit de tout, l'UPF reste debout et s'élargit de jour en jour, a informé son président. "Une section est née en Macédoine du Nord, une autre en Géorgie et le travail est en cours pour la relance d’une section en Belgique. Dans la même dynamique l’UPF a œuvre à la relance de la section gabonaise et Désiré Ename qui mène une forte délégation gabonaise à nos Assises a été élu nouveau président de la section lors d’une Assemblée générale à laquelle prenait part la secrétaire générale, Zara Nazarian.
En Mauritanie et au Cameroun, nos sections nationales ont changé de dirigeants. Nous portons en eux de nouveaux espoirs. En leur souhaitant bonne chance dans leur mission, j’invite l’ensemble des présidents de sections à se mobiliser pour la campagne des adhésion 2023. Plus que le nombre des adhésions nous visons la qualité de celles-ci. Il s’agit de convaincre les professionnels à rejoindre nos rangs. Plus nous comptons de journalistes confirmés et reconnus plus nous seront crédibles et respectés. La mission qui est assignée au secrétariat général de vérifier les profils et partant la qualité de nos membres n’est donc pas fortuite. Si elle vise à s’assurer de la qualité de nos membres elle pourrait éviter que de faux journalistes ne soient porteurs de la carte UPF. Il y va de notre crédibilité à tous. Pour illustrer ce propos, je tiens à informer les membres du comité international que nous avons été saisis par la Gendarmerie nationale en France au sujet d’un membre affilé à la section française. La réquisition envoyée au mois d’Avril nous invite à lui envoyer les justificatifs fournis par ce membre au dépôt de sa demande d’adhésion. Il semblerait qu’il ne soit pas journaliste. Nous attendons d’ailleurs, à ce propos, le retour de la section française que nous avons de notre côté saisi pour prendre en charge ce dossier. A défaut d’une réponse dans la semaine qui suit, nous serons contraints de prendre nous-mêmes des dispositions dans ce dossier. Je nous appelle donc à la vigilance.
"L'UPF internationale a réussi, malgré la situation difficile en 2020 et 2021, et grâce à la ténacité de ses équipes, à obtenir l’organisation de ses 49es Assises. Ici au Maroc, elle célèbrera dignement sont 70eme Anniversaire. C’est également au Maroc, en 2010 que l’UPF a pu amorcer un travail de refondation qui a ouvert la voie au renouveau signé à Dakar en 2014. Est-ce le signe du destin ? La voie est ainsi tracée. L’UPF internationale n’a d’autre choix que de se rénover pour repartir d’un nouvel élan. Si notre organisation a entrepris un travail de restructuration et d’assainissement dans sa propre gestion, ce travail doit s’élargir à toutes ses sections nationales. C’est par ailleurs une UPF inventive qui pourrait réussir à se développer dans un contexte ou les subventions institutionnelles se raréfient. L’UPF doit délimiter avec précision son champ d’action pour se démarquer. Je laisse le soin à la nouvelle équipe de choisir sa propre feuille de route".
À rappeler que le Bureau international de l'UPF est composé comme suit : Madiambal Diagne (Président), Meriem Oudghiri (Vice-Présidente), Jean Kouchner (Vice-président), Jean-Claude Rodes (Vice-président), Aimé-Robert Bihina (Vice-président), Zara Nazarian (Secrétaire générale), Noro Razafimandimby (Secrétaire générale adjointe), Margareta Stroot (Trésorière), Christian Perrin (Trésorière adjoint)...







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