L’exécution des mandats d’arrêt à l’encontre des responsables de la confrérie semble très difficile au stade actuel. La direction du mouvement s’est, en effet, réfugiée sur la place Rabaa al-Adawiya à Madinet Nasr au Caire, au milieu de dizaines de milliers de partisans de l’ex-président Morsi. D’ailleurs le Guide suprême de la confrérie et la plupart de ses grands dirigeants ont déjà fait l’objet d’un mandat d’arrêt « pour incitation à la violence et au meurtre » qui n’a pas été exécuté.
Cette fois, l’accusation est « incitation à bloquer les routes ». Au cours des derniers jours, les manifestants Frères musulmansavaient bloqué plusieurs routes, notamment Le Caire-Alexandrie, ainsi que des grands axes de la capitale comme l’avenue menant à l’aéroport.
Les mandats d’arrêt contre les dirigeants de la confrérie sont une sorte de mise en garde aux manifestants Frères musulmans. Les forces de l’ordre pourront les arrêter sur-le-champ dans le cas où ils bloqueraient à nouveau les routes. Une manière de priver la confrérie de son arme la plus efficace.
Les Frères répondent à al-Sissi
L'appel lancé hier par le général al-Sissi, chef des armées, pour un grand rassemblement, demain, « contre le terrorisme » a reçu le soutien l’opposition laïque et du mouvement Tamarod, à l’initiative de l’éviction du président Mohamed Morsi.
Les responsables des Frères musulmans ont de leur côté dénoncé un appel à la guerre civile et demandent à leurs partisans de manifester eux aussi vendredi. Ces derniers, rassemblés sur la place Rabaa al-Adawiya, savent en effet qu’ils sont directement visés par les propos du général al-Sissi.
« Bien sûr que c’est une menace, s’exclame Abdelsater. Ceux qui manifestent à Rabaa ne sont pas Egyptiens, comme ceux qui sont place Tahrir ? Il divise les gens, entre ceux qui sont ici et ceux qui sont là-bas ! Est-ce que ceux qui sont à Tahrir et à Rabaa n’ont pas le même droit légitime à manifester ? Ce discours est aussi un signe de faiblesse. Aucun général qui a toute l’armée à sa disposition n’appelle la population à son aide. Cela prouve qu’il a eu tort en menant ce coup d’Etat ! »
Mohamed dénonce lui aussi le discours du général al-Sissi. « C’est un discours d’intimidation, de menace. Il utilise sa force et son pouvoir contre le peuple. Il utilise le mot « terrorisme ». Mais les terroristes, ce sont ceux qui tuent des manifestants pacifiques alors qu’ils sont en train de prier. »
Une menace claire, mais qui n’intimide pas ces manifestants. Ils répètent qu’ils iront jusqu’au bout de leur combat.







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