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COVID 19 : ligne de partage entre les Multinationales

Alors qu’on note une cascade de perte d’emplois dans le monde à cause du Covid 19, il existe également une ligne de partage aux niveaux des multinationales entre celles qui protègent leurs salariés face à la crise et celles qui utilisent l’emploi comme variable d’ajustement. Si aux Etats Unis, il ya 17 millions de pertes d’emploi en 3 semaines, au Sénégal l’interdiction de licenciement décidée par ordonnance a déjà trouvé des multinationales décidées à garantir emplois et rémunérations.


COVID 19 : ligne de partage entre les Multinationales
« La pandémie du coronavirus n'est pas seulement une crise sanitaire, mais aussi une crise sociale et économique. L’impact du Covid-19 sur l’emploi est profond, d’une grande portée et sans équivalent ».  Le cri d’alerte Guy Ryder, Directeur Général de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) semble trouver un echo favorable chez le penseur américain Francis Fukuyama qui affirme  « qu’ un Etat fort et une politique de santé efficace est la ligne de partage » entre les Etats dans la gestion de cette crise sans précèdent. Certains Etats comme la France ont décidé de privilégier la protection et la sécurité sociale des travailleurs (Droit du travail). Ce qui n’est pas le cas aux Etats Unis où les travailleurs vont subir une double peine (crise et la perte d’emploi). Le Sénégal a choisi de se placer du cote de l’Etat Protecteur avec la décision du Président Macky Sall d’interdire tout licenciement pendant la crise et de différer certaines charges fiscales des entreprises. On note aussi cette ligne de partage aux niveaux des multinationales entre celles qui protègent leurs salaries face à la crise et celles qui utilisent l’emploi comme variable d’ajustement. Rien qu’aux Etats unis, il y a 17 millions de pertes d’emploi en 3 semaines surtout chez des multinationales comme Mac Donalds ou Général Motors. Sur la totalité du continent africain, 20 millions d’emplois risquent d’être supprimés selon une étude publiée par l’Union africaine le 6 avril dernier. Le secteur du tourisme, qui constitue un important levier de développement pour de nombreux pays africains, est frappé de plein fouet. L’association internationale du Transport Aérien (IATA) estime que la contribution économique du secteur en Afrique s’élève à 55.8 milliards de dollars, et soutient 6.2 millions d’emplois. Le numéro un du continent, Ethiopian Airlines, affiche déjà un demi-milliard de pertes. Son PDG s'est, néanmoins, dit confiant en la capacité de la compagnie, propriété de l'État éthiopien, à faire front face à la crise sans avoir à licencier un seul de ses 13 000 employés réguliers : « Notre plan est de résister et passer cette crise seuls, mais, si malheureusement elle se prolonge au-delà de ce qu'on imagine, nous verrons cela le moment venu », a déclaré Tewolde Gebremariam, PDG d’Ethiopian Airlines. Au Sénégal ce sera probablement la meme chose pour les employes de Air Sénégal avec la decision de President Macky Sall d’interdire tout licencement sauvant ainsi les emplois de la jeune compagnie.
Au Sénégal une multinationale comme Philipp Morris International n’a pas attendu les directives du gouvernement pour proteger ses salaries et aider à faire face à la crise. Pour  Khady Mbacké Ndoye Sarr, Directrice des Ressources humaines pour la Région Afrique Subsaharienne de Philip Morris International basée au Sénégal: « Nous mettons toujours en avant la sécurité et leur santé de nos collaborateurs, au Sénégal comme dans tous les autres pays d’Afrique où nous sommes présents, dès la mi-mars nous avons mis en place des mesures de télétravail . En plus conformément à la décision de Philip Morris International au niveau global, nous avons pris l’engagement que durant toute la durée de cette crise, nous garantirions à chacun de nos employés au Sénégal comme ailleurs l’intégralité de sa rémunération qu’il ou elle soit en mesure de remplir ses obligations professionnelles ou pas. Nous traversons une période extrêmement pénible pour tous et c’est précisément le moment de soutenir nos employés et leurs familles quoi qu’il en coûte ». Protéger et être aux cotes de ses salaries a un cout mais n’a pas de prix parce qu’il confère un attribut inestimable pour une entreprise : la fierté d’appartenance à l’Entreprise qui devient une seconde famille.
 
Seyni Diop
 
 
 
 
 


Samedi 18 Avril 2020 - 22:05





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