C'est en 1939 qu'Akuku se marie une première fois à Ndhiwa, à 370 kilomètres à l'ouest de Nairobi, la capitale. Bien vite, son appétit pour les femmes le pousse à prendre une 2e, puis une 3e et ainsi de suite jusqu'en... 1997. La dernière élue a 18 ans.
Au Kenya, pays majoritairement chrétien, la polygamie n'est pas admise par la Constitution, mais elle est tolérée dans le cadre des tribus et des lois coutumières.
Au fur et à mesure qu'il agrandit sa famille, l’homme presque illettré se révèle un homme d'affaires hors pair. Il crée sa propre société de transports en minibus, puis achète des terres et du bétail dont il fait du commerce. Peu à peu, il tisse sa toile dans la région et construit un empire.
Du mariage de ses filles, il tire profit, car, sur la dot, ça ne plaisante pas. Il fait construire une église et deux écoles pour ses enfants, surveillant de près leur éducation.
Malgré le nombre faramineux, il connaît le prénom de chaque enfant et sa mère. L'un de ses fils deviendra médecin, un autre policier. Beaucoup d'autres resteront au village, où ils ouvriront des petits commerces.
Jusqu'à la fin de sa vie, Akuku est un personnage courtisé, consulté comme un notable. Les politiciens n'ignorent pas le poids de son clan familial.
Le vieux se glorifait de ses capacités de tombeur. « On m'appelle "Danger" car je fais peur aux hommes. Aucune femme ne peut me résister. J'ai toujours été beau garçon, su m’habiller et parler aux dames. Je suis magnétique !", lançait-il un jour.
Intraitable, Akuku l’était souvent. Il avait ainsi divorcé 85 fois. Pour infidélité de ses épouses. "Je ne peux pas tolérer part de leur une conduite à risque, c'est ma vie qu'elles mettent en péril ! En ces temps de sida, je me dois d'être très strict sur le comportement de chacune", justifiait-il.







Keur Massar : Sadio Mané immortalisé aux Parcelles Assainies Unité 5
