___________________________________________________________________________ Dakar le 19 décembre 2016 Manifeste auprès du peuple sénégalais contre la TFM (Télévision Futurs Médias) pour l’arrêt définitif de « SEN PETIT GALLÉ », émission pour les enfants Nous, Organisation Fair Education et Daaray SEMBENE, MPIMaison de la Pédagogie par l’Image, avons récemment porté plainte contre la Télévision Futurs Médias (TFM) auprès du Procureur de la République pour l’arrêt définitif de l’émission « SEN P’TIT GALLE » qui est diffusée sur la TFM à partir de l’année 2011. Nous exprimons notre indignation et notre inquiétude suscitées par cette émission « pour enfant » et prenons témoin le peuple sénégalais, que nous sommes, des effets nocifs de l’émission sur la psychologie de l’enfant suivant son « horizon d’attente » qui constitue l’objectif de la réception selon Hans Robert Jauss (in. Esthétique de la réception, 1990). Et à Sembène Ousmane d’avertir dans son film Faat Kiné (2000) de la voix de la grand-mère à ses enfants « Vous avez reçu l’éducation de la télé ». Le même Sembène a déclaré ouvertement « Le cinéma est une école du soir » in. « Le rôle du cinéaste africain dans l’éveil d’une conscience de civilisation noire, Présence Africaine, Revue culturelle du monde noir, no 90, 2e trimestre 1974). Ainsi dirait, encore, Sembène en concordance avec le contexte « La télévision est une école au quotidien » ; comme proclamait autrement la pionnière 2 de la pédagogie de et par l’image, Geneviève Jacquinot dans son ouvrage L’école devant les écrans (1985). De ces appels, les auteurs précités veulent nous faire comprendre que l’image audiovisuelle est une source émettrice de connaissances qu’il faut savoir trier et maîtriser, le savoir savant, en vue de bien les transmettre, le savoir enseigné. L’émission « SEN P’TIT GALLE » est née dans un cadre, le Sénégal, un peuple qui cherche depuis 1960 à émerger de l’esprit et de la force de ses citoyens dont une bonne partie est composée d’enfants et d’adolescents, première force mentale d’un développement durable. Que dire si les USA (Etats Unis d’Amérique) ont formaté leurs citoyens de 0 à 77 ans dans le fighting spirit (la combativité ou esprit de compétition ) du « we are the best » ( nous sommes les meilleurs) au point de les hisser au sommet ; que faire si le Burkina Faso qui a vécu une lourde révolution des récentes années 80 s’active par la force et l’esprit du travail dans un développement réellement économique progressif, sans tambour ni trompette ; que prévoyez si le Sénégal donne la leçon de Jean de la Fontaine à ses enfants en ces termes : « La cigale ayant chanté. / Tout l’été / Se trouva fort dépourvu / Quand la bise fut venue : / Pas un seul petit morceau / De mouche ou de vermisseau / Elle alla crier famine / Chez la Fourmi sa voisine / La priant de lui prêter quelque grain pour subsister / Jusqu’à la saison nouvelle. » Aux producteurs, aux promoteurs et aux diffuseurs de l’émission « pour enfants » Sen P’tit Gallé, pensez-vous que l’on peut faire chanter des enfants « tout l’été » jusqu’à l’hiver et leur dire un bon matin : Arrêtez, retournez en classe ; redevenez vous-mêmes : enfants « génériques », élèves, point barre : c’est méconnaître la psychologie de l’enfant, de surcroît, le rapport entre l’enfant et l’image, fixe, animée, iconographique, picturale, photographique analogiques ou numériques. L’adulte joue un rôle alors que l’enfant vit un rôle qu’il prolonge dans la vie réelle. La fusion entre la fillette noire et la poupée blanche dans le film Mandabi (1968) de SEMBENE Ousmane nous en sert une précieuse leçon en pédagogie de l’image. Pour l’adulte spectateur, téléspectateur et /ou acteur, Sen P’tit Gallé est un jeu de vacances, mais pour l’enfant, noter bien que, Sen P’tit Gallé dure le temps d’une vie. 3 A ce titre, il est fort triste que la Télévision Futurs Médias est parvenue par un téléviseur qui leurre à embarquer, comme Panurge dans son aventure de foire à micro ouvert pour les enfants, des musiciens adultes qui renaissent de leurs cendres en Prométhée, des sponsors avides de visibilité à tout prix, des institutions ministérielles et d’organismes imbus de leur omniprésence médiatique. Dans ce téléviseur qui leurre s’engouffrent des hommes et femmes qui se disent « de culture » qui pourraient croire que le fait d’exposer des enfants sur un Podium en Paillettes micro à la main sous les Projecteurs devant sur un Public en attente des publications de la Presse People relève de la culture. Dans ce téléviseur qui leurre nage le service de la diversité culturelle de l’Organisation Internationale de la Francophonie qui pourrait croire que le fait de cueillir des enfants des quatre points cardinaux de la sous-région et de les accoutrer du port vestimentaire à connotation culturelle est sujet à la diversité. Détrompez-vous, l’enfant de nature, autrement dit sans idée reçue, vit la diversité culturelle et raciale comprise et admise dans son âme, et il donne au quotidien sans tambour ni trompette des leçons de communion des âmes à son entourage. Somme toute, en partie, les motifs de la plainte déposée par Fair Education et Daaray SEMBENE, MPI- Maison de la Pédagogie par l’Image contre la Télévision Futurs Médias (TFM) pour l’arrêt définitif de l’émission « SEN P’TIT GALLE » sont les suivants : - EXPOSITION AUX DANGERS PSYCHO-SOCIOLOGIQUES - DETOURNEMENT D’OBJECTIFS - EXPLOITATION A LA FOIS PASSIVE ET ACTIVE. Depuis le lancement de l’émission en 2011, SEN PETIT GALLÉ qui se veut promotrice des génies chanteurs et danseurs, ne cesse de hanter la conscience des éducateurs et de perturber le sommeil des parents d’élèves malgré d’innombrables actions de dénonciation et de mobilisations menées vainement contre sa diffusion. Cf. « Lettre ouverte à M. Youssou Ndour, PDG de la Télé Futurs Médias : « Veuillez faire censurer l’émission SEN PETIT GALLE », Dr Hadja Mai Niang, publiée le 04 octobre 2011 (www.seneweb.com/.../lettre-ouverte-a-monsieuryoussou-ndour-pdg-de-la-_n_51989_c... 4 Dans le même sillage, Daaray SEMBENE, MPI a adressé une lettre ouverte à Monsieur Sidy Lamine NIASSE, PDG du Groupe Walfadjri, le 29 septembre 2011, pour lui demander de faire revoir l’émission pour enfant Najemb Guneyyi qui passait les samedi à 12h30mn sur Walf TV : le jour même de la parution de l’article dans les quotidiens et la presse en ligne, le 30 septembre 2011, Mr NIASSE téléphone et approuve la teneur professionnelle, l’objectivité et l’éveil de la conscience patriotique et pédagogique populaire qui sous-tendent, selon ses dires, nos écrits. Il nous dit qu’il partage notre opinion sur un nombre important de points. Ainsi, Mr NIASSE nous assura qu’il allait faire revoir le fond de ce programme avec des professionnels. Le lendemain, lors de la diffusion du programme Najemb Guneyyi sur Walf TV, nous avons constaté des améliorations importantes. Le 17 octobre 2011, Daaray SEMBENE, MPI- Maison de la Pédagogie par l’Image a adressé une lettre de demande de censure de Sen P’tit Gallé à la Présidente du CNRA (Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel). Cette dernière répond le 20 novembre 2011 par écrit sous la plume d’un des membres du Conseil qui nous dit que la question de Sen P’tit Gallé sera posée en Assemblée. A ce sujet, à notre connaissance rien a été fait par le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel du Sénégal. Le 13 mai 2015, Le CNRA - Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel- remet son rapport annuel 2014 au Chef de l’Etat, M. Macky SALL. Dans ce rapport annuel, le CNRA qui, en plus d’insister sur la protection des populations notamment les enfants, a mis à nu l’impact des offres audiovisuelles sur ce public (jeune) vulnérable. Le premier Avis trimestriel de l’année 2015 du CNRA, publié le 02 avril 2015 a relevé que «l’audiovisuel doit éviter de contribuer à l’exacerbation des vices et nuisances dans la société». Le 03 juin 2015 une forte délégation du CNRA sous l’égide du Président, Monsieur Babacar Touré assiste au point de presse « Ces programmes qui polluent les radios et télévisions sénégalaises » organisé à Thiès par Daaray SEMBENE, MPI. Cf. http://www.sudonline.sn/cesprogrammes-qui-polluent-les-radios-et-t%C3%89l%C3%89visionss%C3%89n%C3%89galaises_a_24751.html. Les membres du CNRA présents à ce point de presse 5 s’allient à notre cause et déclarent urbi orbi devant la presse locale de Thiès « Rien ne sera plus comme avant » ( Cf La presse écrite du 03 au 06 juin 2015). Nous signalons justement que le CNRA s’allie à bien des causes relatives aux dérives de la télévision que nous dénonçons. Cependant, tout laisse à croire que la structure n’est pas outillée pour les censures de programme d’ordre social. Le 03 août 2015, l’Organisation Fair education a adressé une lettre de dénonciation des dangers psycho-cognitifs de Sen P’tit Gallé au Président du CNRA (Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel) ; la lettre est restée sans suite. Le 03 août 2015, l’Organisation Fair education a adressé une lettre de demande d’auto-censure au PDG du Groupe Futurs Médias : le dossier n’a eu aucun « retour ». Le 20 janvier 2016, Organisation Fair Education et Daaray SEMBENE, MPI ont dénoncé les dérives de la télévision sénégalaise dans un point de presse au siège de la RADDHO (Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme) à Dakar en présence du Secrétaire Général de la RADDHO, du Président de la FENAPES (Fédération Nationale des Parents d’Elèves et d’Etudiants du Sénégal) accompagné d’une forte délégation, et du Représentant de l’ONG Save the Children. (Cf. « SEN PETIT GALLE: Des ONG dénoncent une exploitation active des enfants » (presses écrites sénégalaises du 21 au 23 janvier 2016 ; Leral.net et Setal.net) « Emission SEN PETIT GALLE : Des éducateurs s’indignent et dénoncent » (Presses écrites sénégalaises du 21 au 23 janvier 2016 ; xibar.net) En lieu et place d’arguments purement scientifiques liés à la didactique et à la pédagogie de et par l’image formulés par le Père Daniel Brottier ( le premier à avoir introduit en 1906 une image animée au Sénégal, précisément à Saint-Louis, sur l’actuel espace de l’Hôtel de la Poste, le Père Jean Vast, successeur du Père Daniel Brottier, Sembène Ousmane, écrivain-cinéaste, par Pr Geneviève Jacquinot, spécialiste en didactique, pédagogie de l’image, en sciences de l’éducation et de la communication, auteure de « L’école devant les écrans », nous vous présentons ci-dessous une sobre analyse de l’émission en vue d’une portée ouverte. Du point de vue psycho-cognitif, l’enfant-acteur, pour ne pas dire l’enfant-chanteur vit un rôle de concurrent sans merci au regard de ses adversaires, enfants. 6 L’enfant-star digère durement les échecs, et cette règle est intrinsèque aux bases psychomotrices et affectives de l’enfant, car il est mentalement difficile pour l’enfant-star de gérer l’élimination populaire et l’absence d’intérêt médiatique. L’enfant-star a fort besoin d’encadrement honnête et mature. Comment finissent les enfants-star qui ont connu une chute ou une absence médiatique ? Faites une recherche objective, suivant une dimension heuristique, sur la vie des stars sénégalaises qui ont débuté leur carrière dès l’enfance ou l’adolescence. Nous pouvons citer les exemples de la vie complexe d’un nombre important d’« enfant-acteur», à l’instar de l’Américain Macaulay Culkin, du film « Maman, j’ai raté l’avion » ; le Français Jordy emblème de « l’enfant-chanteur mondialement connu » dont le tube « dur, dur d’être bébé » a fait le tour du monde avant de tomber dans un parfait oubli : Jordy est devenu un pur inconnu ; Anissa Jones dans Chez Oncle Bill, Arnold et Willy de Cosby Show, Lindsay et Sidney Greenbush de La petite maison dans la prairie, Mary-Kate et Ashley Olsen de La fête à la maison, etc.» ; ajoutez-y « l’étrange destin » de Michael Jackson, « enfant-chanteur » et de son devenir. Et la liste est longue : tous ses enfants acteurs et/ ou chanteurs ont, selon cas par cas, sombré dans le narcissisme, la schizophrénie, la drogue, la déprime, l’alcool, la mythomanie pour absence ou manque d’intérêt médiatique « after buzz » ; leur image constamment médiatisée leur monte à la tête et engendre souvent la recherche effrénée du paraître par l’habillement et le clinquant, l’intérêt précoce pour le gain, l’avoir et la gloire. En outre, l’enfant acteur et / ou chanteur est souvent en proie à un conflit familial lié à l’argent, voire à l’intérêt égoïste de ses parents. Notez-bien que les finalistes de Sen Ptit Gallé de « la première saison » commencent à animer des arbres de Noel dans leurs villes respectives : allez savoir qu’est-ce que les enfants en gagnent : des fans fous qui engendrent une « adultisation » (attention, c’est notre invention) de l’enfant-star au point de donner naissance à des grossesses et de la paternité précoce. A ce sujet, nous vous prions de faire des investissements de proximité. Approche sémiotique : quand l’enfant de Sen P’tit gallé vit la taximonie culturelle de la starmania. Les enfants de Sen P’tit Gallé sont exposés sous, ce que nous appelons, les sept P de la star, qui constituent les schèmes du star system : paillettes- projecteurs-podium-publicpublication- presse- people. Ces sept P sont lourds à porter par un adulte et c’est trop pour un enfant. Les enfants de Sen p’tit gallé portent déjà les empreintes de la star marquée par le passage de l’ordinaire à l’extraordinaire, d’où les tresses en couleurs, leurs prestations musicales dans les évènements comme le Sommet de la Francophonie à la réception du Prix des Cinq 7 Continents et dans ‘les arbres de noël’. Si l’influence fonctionne, que les parents et les maîtres d’écoles s’attendent que la « tendance » Sen p’tit gallé envahisse les écoles ; si l’influence fonctionne que les Sénégalais s’attendent à une invasion de petits chanteurs, des Sen P’tit Gallé en d’autres enfants dans les maisons. Les versions internationales de Sen P’tit Gallé ont été dénoncées dans leurs espaces d’émission (merci de conférer Google) par des pédagogues de l’enseignement général, des pédagogues de l’image, des psychologues, des sociologues, des citoyens avisés, des patriotes, etc. Cependant, la seule différence est que ces pays qui ont été à l’initiative de ces émissions ont déjà mis une bonne frange de leurs enfants dans le cœur de « l’Emergence » ; et au Sénégal ? Une analyse profonde de l’émission sous l’angle PSYCHO-SOCIOLOGIQUE, nous a permis de voir que les candidats à ces genres de compétitions, tous des mineurs, sont mis dans des situations psychologiques et sociologiques que même les adultes souffriraient à affronter. La logique de compétition où il faut surveiller l’autre et essayer de le dompter, le stress permanent ressenti dans les préparations des prestations, le désir de popularité précoce exigeant la création de réseaux de souteneurs et de fans à entretenir d’une façon ou d’une autre, forcent chez les enfants des comportements cognitifs contradictoires aux principes fondamentaux de leur éducation. En sus de cela, au plan PEDAGOGIQUE, nous nous rendons compte du contenu bidon, dépourvu de valeurs éducatives, des chansons à répéter et à interpréter. Si elles ne sont pas des romances perverses, c’est des rengaines futiles dédiées et personnalisées, dénudées de tout sens. Même si les organisateurs, conscients de leurs actions anti-éducatives, essayent de les masquer en inscrivant les résultats scolaires dans leurs critères de sélection et des supercheries qu’ils nomment éducation religieuse et instruction civique, ils buttent sur un autre forfait: celui du détournement des objectifs éducatifs et des performances scolaires des apprenants vers des velléités ludiques et libertines entrainant l’échec et la déperdition scolaire ; car, on le sait bien, la meilleure et seule façon d’entretenir les performances scolaires d’un jeune apprenant, c’est la répétition continue de ses activités d’apprentissage et l’exercice constant d’évaluation pour confirmer une progression stable vers la perfection. Ce n’est jamais par une rude compétition de danse ou de chanson que l’on puisse aider un élève sensé apprendre la science, les mathématiques, les langues, l’histoire et la géographie, … Plus grave encore, nos génies en herbe, piégés par la malveillance de parents aveuglés par « le désir d’une ascension sociale fulgurante» 8 pour leurs enfants et le complot de toute une entreprise, peuvent adopter des attitudes de condescendance vis-à-vis de leurs camarades. Du fait du privilège qui leur est offert de savourer très tôt les délices du showbiz, ils peuvent s’ériger en véritables stars au sein même de leur famille ou de leur école et de se considérer meilleurs parce que plus populaires, plus enviés et plus respectés. Cf. « LA TÉLÉVISION AU SÉNÉGAL : PIRE FORME D’EXPLOITATION DES ENFANTS, MONSTRE PEDAGOGIQUE », M. MODOU GUEYE (xalimasn.com ; lequotidien.sn). Le suspense et la mise en stress sadiques « dans le cœur » de l’enfant qui peuvent tourner au pire : Au cinéma, le suspense est l’art de tenir le spectateur en haleine en suscitant une attente ; ce dernier s’identifie fortement au personnage et à son vécu en éprouvant des émotions comme le plaisir et la peur. Dans Sen p’.tit Gallé, le suspense est au centre des cœurs pour inciter au vote. Pour comprendre le marketing mercantile de TFM écoutait la lourdeur de la musique de fond qui accompagne le moment des résultats du vote et suivez l’œil de la caméra qui nous livre l’image des enfants effondrés, pitoyables et abattus ; quel est le parent, le frère, la sœur ou l’ami, téléspectateurs, inconscients du complot que TFM a ourdi sur le dos du peuple sénégalais, qui s’abstiendrait de voter pour le proche ? Pour mieux comprendre le mécanisme du suspense écoutez la voix d’une candidate, du nom de « Bou Ndao », l’enfant qui dit tristement dans la dernière émission de la « sa première saison de compétition »: « Sur scène, quand je chante, j’ai la chair de poule car, je pense à mes parents qui vont assister à mon élimination de l’émission. C’est trop dur, c’est dur à vivre ». Le téléspectateur risque d’être affecté d’homéostasie : en image audiovisuelle, la relation entre les émotions et la réflexion qui, dans ce cas, peut déclencher la pitié. Un tel mécanisme psychique est gouverné par le suspense sadique qui met les téléspectateurs aux âmes sensibles hors d’eux, au point de leur faire faire des actes qui dépassent l’entendement : la folie du vote sms-télé à tout prix. SEN PETIT GALLE constitue un véritable business d’EXPLOITATION DES ENFANTS. Le marketing mercantile qui cristallise l’intérêt des entreprises sénégalaises sur son sponsoring est une preuve manifeste de la volonté de s’enrichir sur le dos des enfants, ignorants des mobiles commerciaux qui la sous-tendent et de l’enjeu financier qui garantit sa popularité. Le vote par sms-télé. Ce type de marketing télévisuel est connu en Europe, mais pour un plateau public comme la télévision, il est dangereux de copier machinalement un concept sans évaluer l’état d’esprit, les conditions de vie du public cible et les réalités sociales de la réception. Pour rentabiliser son émission, TFM a choisi le public le plus vulnérable du lot des téléspectateurs 9 et susceptible de susciter de l’affection et des émotions : LES ENFANTS. Alors, ce système du vote téléphonique, savamment instauré, cache une opération mercantile que nous invitons à découvrir : les parents, les proches, les amis des enfants et les téléspectateurs sympathisants et compatissants sont victimes du vote sur les serveurs au coût de 350 CFA par vote. S’il y a 100 000 votes, le compte est 35.000.000FCA (Trente-cinq millions Francs CFA) et s’il y a Un million de votes, ce qui est fort possible; cela fait 350. 000 000 FCFA (Trois cent cinquante millions Francs CFA). Toute cette somme serait récoltée suite à la vente aux enchères des votes de la voix du candidat ou de la candidate. Cf. « SEN P’.TIT GALLE ou L’EXPLOITATION FINANCIERE DES ENFANTS : TROIS POINTS QUI FONT DE L’EMISSION DE LA VENTE AUX ENCHERES ». in google, par Dr Hadja M NIANG et « SEN P’TIT GALLE ET Le P’TIT BAL : DU MARKETING MALSAIN SUR LE DOS DES ENFANTS », Dr Hadja Maï NIANG (http://m.setal.net/SEN-PTIT-GALLE-ET-Le-P-TIT-BAL-DU-MARKETING-MALSAIN-SUR-LE-DOS-DESENFANTS_a9399.html) Au Sénégal, un talibé à qui on fait tendre la main pour mendier relève, à raison, de l’exploitation active de l’enfant. Au Sénégal, « un enfant de la télévision » qui quémande les votes aux téléspectateurs pour être maintenu dans une émission de télé-réalité au prix d’argent à la solde d’une télévision, relève de quoi ??? Le Marketing de l’image : pourquoi un des finalistes de la première saison et celui de la deuxième sont issus de la même région. La réponse est simple : en marketing, on ne change pas une équipe qui fait gagner de la notoriété et de fonds financiers. Nous avons signalé que les appels téléphoniques font gagner des fonds inestimables à la TFM et à Prince art. Cette manœuvre a dû bien marcher la première saison du côté de Saint-Louis. Allez savoir l’euphorie et l’engouement pour cette émission à Saint-Louis auprès des enfants. En outre, un enfant fan est fou. En atteste cette anecdote : une mère de famille raconte à une de nos connaissances que presque tous les soirs son fils de cinq ans pleurait et la suppliait à mort pour qu’elle cherche le numéro du serveur de Sen P’tit Gallé et vote pour son candidat préféré. Comment expliquons-nous que dans un pays à finances dures, un P’tit Bal coûte une somme aussi « grande » pour un enfant : 10000 FCFA ! l’équivalent d’un mois de scolarité dans une école privée. 10 Ils diraient le prix du cadeau qu’ils vendent, que disons-nous, qu’ils offrent aux enfants ? Figurez-vous qu’un enfant âgé de 7ans qui s’est acharné pour se rendre au P’tit Bal de 2010 a reçu le piètre cadeau d’un oreiller avec l’image de Youssou Ndour : le choix et l’image de /sur l’oreiller sont forts. Nous nous limitons là : mais, allez savoir l’effet sur la psychologie de l’enfant : on est au « P’tit Bal » du marketing de l’image : le promoteur en gagne argent et image ; l’enfant y gagne un oreiller pour dormir sur une image qui peut orienter son cerveau sur le contenant et le contenu. Sur le plan sociétal : Pour revenir à Sen Ptit Gallé, qu’est-ce que veut la Télévision Futurs Médias (TFM) : créer un million de Youssou Ndour, chanteur ? A cette question, nous répondons par l’affirmative, confirmée par le numéro du 24 décembre 2012 de la rubrique « C’est pas sérieux » de « Yéwoulèèn ». Tenez-vous bien : l’animateur affiche le clip de Sen Ptit Gallé (par ailleurs, dont la chanson copie sans la langue une chanson américaine ou anglaise de la veille année) et dit sans sourciller que « Prince art » veut créer des milliers de Youssou Ndour dont la carrière musicale a apporté fortune et gloire qui a abouti à la création d’une entreprise à centaines d’employés, GFM (Groupe Futurs Médias). Alors qui avait dit que « Sen P’tit Gallé est une affaire de vacances » ? Encore, l’enfant ne joue pas le jeu, l’enfant vit le jeu. Cf.http://www.cndst.gouv.sn/index.php/actualites/567-les-derives-de-la-television-senegalaise-duleurre-populaire-a-l-exploitation-des-enfants. Par Dr Hadja Maï NIANG Peuple sénégalais, témoin de l’histoire, eu égard aux conséquences gravissimes que SEN PETIT GALLE entraîne sur les enfants et conscients de notre responsabilité d’éducateurs et de parents, nous, Association Fair Education et Daaray SEMBENE, MPI vous prions solennellement de bien vouloir intervenir pour l’arrêt définitif de ce concept d’émission pour enfants, au bénéfice de toute la communauté éducative. En leçon de l’image, par la voix de l’espoir portée par « le facteur » que nous pouvons faire action dans la paix et la discipline, nous vous disons en derniers mots ceux de « Mandabi » (1968) de SEMBENE Ousmane : « Nous pouvons changer tour ça »
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M. Modou GUEYE Professeur d’Anglais au Lycée de Keur Madiabel et Directeur de l’Organisation Fair Education
Dr Hadja Maïmouna NIANG NDIAYE
Ecrivain-dramaturge
Professeur de Techniques de Communication
à l’Université de Thiès
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M. Modou GUEYE Professeur d’Anglais au Lycée de Keur Madiabel et Directeur de l’Organisation Fair Education
Dr Hadja Maïmouna NIANG NDIAYE
Ecrivain-dramaturge
Professeur de Techniques de Communication
à l’Université de Thiès







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