L’école sénégalaise bat de l’aile. Depuis quelques temps, l’inter cadre des enseignants composé du grand cadre, de l’USEQ et de l’IDEE ne cesse de secouer le pays par des grèves, des marches pour la revalorisation du statut de l’enseignant. Ce Mardi matin, les camarades de Oumar Waly Zoumarou ont arboré des brassards rouges pour attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les dangers qui planent sur le système éducatif. Un professeur de HG lycée de kounkané, a préféré garder l’anonymat, seulement il se dit déterminé à aller jusqu’au bout pour que les revendications légitimes soient satisfaites. L’inter cadre, selon notre interlocuteur, décide de boycotter les compositions et toutes les évaluations, les cellules d’animation pédagogique, et même une rétention des notes est à l’ordre du jour. Après le port de brassards rouges, les enseignants comptent dérouler le 7é plan d’action, mercredi 18,débrayage à 9heures plus une conférence de presse des secrétaires généraux ,le jeudi 19 ,un débrayage à 9h + assemblée générale ; vendredi 20,ce sera une grève totale. Pire le lundi 23,y aura aussi un autre débrayage à 9 h et une assemblée générale dans les départements, Mardi 24,débrayage à 9h plus AG départementale .Il est prévu, le mercredi 25 avril une grève totale et une marche nationale à Diourbel. Et pour boucler le plan d’action une grève totale est annoncée le jeudi 26.
Face à cette situation, les élèves s’interrogent. Aminata Baldé,en classe de Tl’ se demande si réellement les examens de fin d’année auront lieu et dans quelles conditions. Pour elle, c’est un échec massif qui les attend car aller aux examens sans terminer le programme, c’est trop risquer et pourtant, depuis les compositions au mois de Mars, dit-elle, nous ne pouvons avoir nos bulletins du 1er semestre. Devant un tel scénario, ce sont les parents qui s’inquiètent de l’avenir de leur progéniture qui fait face à la crise scolaire. Mamadou Diao, un parent d’élève se dit sidéré par la grève du G6.Il souhaiterait que le gouvernement se plie aux revendications des enseignants afin que les abandons et la déperdition scolaire soient évités. Frappé par l’exode rural et l’émigration clandestine, le monde rural n’a d’yeux que sur leurs enfants scolarisés, qui prendront la relève dans les années à venir. Pour lui, seule l’éducation est la base d’un développement d’un pays. Il invite les deux parties à enterrer la hache de guerre pour l’intérêt primordial des élèves.
Elhadji Lonka Sabaly