Révolte des députes du Pds : Wade et Karim au banc des accusés

ur raclée au dernier scrutin, les libéraux l’ont encore en travers de la gorge. Une réunion convoquée, hier à l’improviste, du groupe parlementaire libéral a été l’occasion pour les députés de la mouvance présidentielle de se livrer à une séance d’exorcisme.


C’est le branle-bas dans les rangs des libéraux qui semblent avoir le tournis après leur défaite à l’issue du dernier scrutin présidentiel. Hier, une réunion du groupe parlementaire libéral et démocratique a été convoquée, «à l’improviste», à l’Assemblée nationale sans ordre du jour. Et le moins que l’on puisse dire est que les députés de la mouvance présidentielle ont procédé à un «Ndeup» dans une ambiance très tendue.

Si le président du groupe parlementaire libéral s’est félicité de l’engagement de ses collègues dans la campagne de leur candidat et les a remerciés pour le travail abattu sur le terrain, la majorité des députés présents n’entendaient pas résumer la réunion à un simple échange de civilités. Au contraire, les députés libéraux ont extériorisé leur amertume relative aux erreurs commises par leur camp et qui ont coûté à celui-ci la perte du pouvoir. C’est le temps des regrets.

Selon une source parlementaire ayant pris part aux débats, c’est, en effet, un amer regret qu’ont, aujourd’hui, les parlementaires libéraux d’avoir été les propres artisans de leur déroute électorale. Et pour cause ! Pour le plaisir du prince, ils en sont venus à perdre un des leurs qui se trouve être, aujourd’hui, le tombeur de leur candidat à l’élection présidentielle. Daour Niang Ndiaye et compagnie ont fustigé l’attitude de tous ceux qui ont contribué à la séparation entre Macky Sall et son ex-mentor.

Ne pouvant plus cacher leur amertume, des députés ont déploré les erreurs de leur candidat lors de la campagne électorale, surtout dans l’entre-deux tours. C’est ainsi que ces mécontents ont critiqué Me Wade pour avoir fait des déclarations qui ont courroucé beaucoup de Sénégalais. C’est le cas, notamment, lorsqu’il s’en prenait aux populations de Matam et de Podor en les menaçant de ne pas poursuivre ses chantiers au Fouta si celles-ci ne votaient pas pour lui au second tour. La sortie du candidat des Fal2012, relative aux rebelles Casamançais, a, également, dérouté des parlementaires libéraux qui se sont demandé quelle mouche a piqué Wade pour sortir une telle énormité.

La dernière déclaration faite par leur tête de file à Tivaouane et ayant trait à la gestion de Karim Wade, n’a pas été, aussi, pour plaire à certains députés. A en croire la source de Wal Fadjri, ces derniers se sont offusqués du fait que le président sortant n’ait cherché à défendre que son fils en le prémunissant d’éventuelles poursuites judiciaires dans le cadre d’audits agités par le camp vainqueur. «Il n’y a pas que Karim qui a un père parmi nous !», martèle un membre du groupe libéral au bout du fil.

Certains intervenants ont, par ailleurs, invité à adoption d’une attitude pour le moins républicaine en évitant, sitôt défait, de ruer dans les brancards. Dans cette perspective, d’aucuns ont même suggéré le vote d’un éventuel projet de loi relatif au report des élections législatives si telle est la volonté du nouveau président de la République. Evoquant le congrès extraordinaire d’investiture convoqué demain, d’aucuns parmi les députés ont déploré son improvisation et son impréparation

Bamba Toure

Samedi 31 Mars 2012 02:34

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