RÉCLUSION À PERPÉTUITÉ POUR UN PRÉVENU RECONNU COUPABLE DE PARRICIDE

La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Saint-Louis (nord) a condamné vendredi à un emprisonnement à perpétuité un homme âgé d’une vingtaine d’années, reconnu coupable du meurtre de son père.


Le tribunal a ainsi suivi le réquisitoire du ministère public, en écartant toutes circonstances atténuantes en faveur du prévenu O. Sow devrait passer le restant de ses jours derrière les barreaux, si la sentence est confirmée en deuxième instance.  
  
Les variations du mis en cause dans ses déclarations aussi bien à l’enquête qu’à la barre n’ont pas plaidé en sa faveur en dépit des nombreux arguments juridiques brandis par la défense.  
  
Toute l’affaire est partie de la découverte, le 24 septembre 2014, du corps sans vie en état de décomposition avancée d’un septuagénaire du nom de Saidou Hamedine Diallo dans la brousse, à moins de deux kilomètres au sud du village de Belel Samba Egoudou, dans l’arrondissement de Thillé Boubacar (départements de Podor).  
  
Selon l’accusation, le transport sur les lieux d’éléments de la gendarmerie, de sapeurs-pompiers et du médecin de district sanitaire de Podor permit de confirmer et de constater la présence du corps en position latérale droite dans un état de putréfaction généralisée avec une lividité cadavérique du thorax et une tuméfaction prédominant sur l’ensemble du corps.  
  
Les enquêteurs ont également noté la présence d’une corde serrée autour du cou de la victime avec un noeud rattaché à un téléphone portable, et remarqué un sillon autour du cou à l’emplacement de la corde. Le médecin conclut alors à mort consécutive à une strangulation.  
  
Les différents témoignages recueillis auprès d’habitants de la localité conduisent trois jours plus tard à l’arrestation du fils de la victime. Entendu par les enquêteurs, celui-ci reconnaît s’être opposé à son père lors d’une bagarre. Selon sa déposition, le vieil homme aurait tenté de lui asséner un coup de coupe-coupe et en voulant parer à ce coup, il aurait fait tomber son père au sol et l’aurait abandonné sur place bien en vie.  
  
Les différents témoignages, notamment celui du frère du prévenu, ont permis au ministère public d’asseoir l’accusation. Ainsi, la mort du vieil homme remonterait au 20 septembre.  
  
Ce jour-là, la victime pique une colère noire après avoir appris que son fils (le prévenu) tentait de convoyer son troupeau vers Barkedji (département de Linguère). Il part aussitôt à sa poursuite. Il ne reviendra jamais, alors que plusieurs villageois constatent des tâches de sang sur les habits du mis en cause.  
  
Suffisant pour convaincre le ministère public et les juges de la culpabilité de O. Sow, qui dispose d’un délai de quinze jours pour faire appel de la décision, afin d’éviter de passer le reste de sa vie en prison.  


Samedi 9 Janvier 2016 06:37

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