Quand la société, impuissante se défausse sur d’innocentes jeunes filles!!!


 « La plus noble pensée ne peut plaire à l'esprit, quand l'oreille est blessée ». (Boileau)

SETAL.NET - Tout comme Pape Mbaye (homosexuel) et sa bande ont réussi à s’attirer de la pub gratuite, Anna et sa clique ont réussi le pari d’occuper la « une » de tous les quotidiens. Mieux, selon certains journaux, des affairistes ont réussi, comme ils en ont le flaire,  à faire de cette question de mœurs une opération financière rentable. Car, la vidéo était dupliquée et se vendait à un tel rythme qu’on pourrait croire que Saneex ou encore Youssou Ndour avait mis un nouveau produit sur le marché.

Il faux être clair, ces pratiques ne sont pas à cautionner. Il n’est pas ici question de défendre ces filles qui ont heurté la morale et bien des sensibilités… Mais avouons – le, il y en a qui ont bien apprécié le jeu de Anna et de ses amies. Tout comme la vidéo se vend à différents carrefours et autres feu rouge, elle occupe une bonne place dans les cartes mémoire de beaucoup de gens. C’est dire qu’on s’en délecte à certains endroits et à des moments de quiétude.

La tempête médiatique déclenchée par cette affaire est une habitude bien sénégalaise. Au Sénégal, une affaire locale peut tout de suite devenir nationale. Un fait anodin est vite devenu une affaire d’Etat. Avec le développement des médias, le lectorat sénégalais est désormais demandeur d’une une information plus ciblée, centrée sur les stars, les personnalités et sur des thématiques plus osés : particulièrement le sexe !

La pudeur qui caractérise la société sénégalaise est aujourd’hui mise à rude épreuve. Il y a bien longtemps, parler du sexe était tabou. L’on est vite tenu pour un vulgaire pervers. Aujourd’hui, on l’aborde à visage découvert ; on en parle comme si on parlait d’arithmétique ou de coiffure. Autres époques, autres mœurs ! La vie change, la vie continue !

Ce qui n’a pas changé et qui continue de plus belle, c’est l’hypocrisie, l’incohérence et la bizarrerie à la sénégalaise. Il me revient ces paroles d’un ami qui analysait l’affaire dite gouddi town du nom de l’affaire qui avait mis en scène judiciaire la danseuse Ndèye GUEYE. Voici ses mots : « Le Sénégal est un pays d’hypocrites. C’est le pays de Oubil mbarka ndiaye, de Moulay thieuguine, de khadj bi, de ventilateur et d’autres danses érotiques aussi obscènes que salaces et l’on s’offusque d’assister à gouddi town. Sans gêne, des produits aphrodisiaques sont exposés, commentés et vendus dans tous les marchés par une couche sociale bien réputée. Les gens ne disent rien… C’est maintenant qu’ils se plaignent !? ». Il y a de quoi s’interroger ! C’est ça le Sénégal !

Avec tout le bruit que cela avait occasionné, l’affaire gouddi town ne devait pas seulement être une affaire juridico – médiatique ; des changements de comportements devaient s’opérer. Mais que non. Seuls l’aspect médiatique et le coté mise en scène de cette affaire intéressaient les sénégalais. Procès Gouddi Town et après ? Rien. Sinon que des faits aussi croustillants que le mariage des homosexuels à Mbao ; l’affaire du détournement de mineure qui avait valu au célèbre Mathiou des démêlés avec la justice ; les vidéos pornographiques de jeunes de liberté 4 impliquant des élèves d’un Lycée de jeunes filles. Et dont l’une des acteurs est fille d’imam ; et plus d’une demi-douzaine d’affaires de mœurs sur la place publique. Alors de quoi peuvent-elles être coupables, ces jeunes filles de Grand Yoff ? Elles n’ont fait que réciter une leçon bien apprise : le dévergondage !

On s’alarme pour rien. On se bouche le nez pour un pet alors qu’on marche sur des excréments d’humains. Rien d’étonnant au Sénégal. On aime ça ! Un journaliste, précurseur de site d’informations en ligne a complètement flairer l’hypocrisie sénégalaise et à du abandonner un moment les infos dites générales pour se consacrer à son site 100% people. C’est l’un des sites les plus visités par tout Dakar. On y exhibe de belles créatures en bikini ou en robes moulantes laissant apparaitre des excroissances ou encore en tenue d’Eve. Il y a quelques années, des journaux spécialement consacrés à l’information sur le sexe et les pratiques sexuelles se vendaient bien à Dakar quand bien même qu’on le dénigrait à tout bout de champ. Le regretté Oustaz Assance SECK aimait bien répéter que ce sont ceux qui dénonçaient la vente d’alcool au Sénégal qui le consommaient plus. Hypocrisie disait – il ! Paix en son âme ! 

En donnant successivement à ces affaires de mœurs des dimensions nationales et même internationales, on finit par les banaliser et ainsi encourager le jeune public à emprunter cette voie. Il n’y a pas des raisons de douter que Ndèye GUEYE, après cette affaire qui l’a tant exposée s’est poussée des ailes au point de se positionner dans l’invention systématique de danses provocatrices. Elle est aujourd’hui bien plus qu’une icône, elle est un modèle de réussite à imiter et à copier.

Si l’on condamne ces filles, ce serait une véritable fuite en avant. C’est la société qui se serait défaussée sur de jeunes filles inconscientes et immatures qui agissaient sous l’impulsion de leur instinct. S’il y a un coupable ce serait la société. C’est à la société de répondre à la place de ces jeunes filles bien coupables, au nom du principe juridique de la responsabilité du fait du mineur (les juristes rectifieront !). Aucune loi, aucune sanction, aussi sévère qu’elle soit ne peut freiner ces jeunes à la recherche des sensations fortes et de nouvelles sensations. Il n’y a que l’éducation comme antidote !

Le véritable enjeu de ce siècle se situe dans le projet du nouveau type de sénégalais que l’on veut bâtir. Cela passe par une école de la République qui reproduit les valeurs et les modèles que l’on affectionne ; cela passe également par une prise de conscience des parents de leur rôle d’encadrement et de guide éclairés pour leurs progénitures. Il ne s’agit pas de jouer le rôle de gendarme ; c’est un rôle d’encadrement dans une époque où les outils de télécommunications sont à la portée de tous les âges. C’est la loi du progrès technologique. Après une plus ou moins longue période, l’aspect enchanteur cède toujours la place au désenchantement !!! Raison pour laquelle il faut s’attendre à d’autres affaires du même genre… Et puis, à leur âge (16 à 20 ans), de quoi ces jeunes adolescentes peuvent-elles bien parler si ce n’est le sexe ?
 
 Abdou Soulèye Kidiéra

Abdou Khadre Cissé

Mardi 29 Mai 2012 17:21

Dans la même rubrique :