Les jeunesses de Rewmi à propos du discours de fin d’année du chef de l’Etat: «Macky doit faire une adresse humble et demander pardon au peuple»


« La situation socio-économique alarmante du Sénégal suffit à discussion, arrêtez les faits divers politiques ». C’est là, le conseil donné par les jeunes du parti Rewmi de Thiès à certains responsables politiques de la mouvance présidentielle qui, ces temps derniers, s’acharnent sur leur mentor, Idrissa Seck. au cours d’un point de presse, Magatte Diaw et ses « frères » et « sœurs » de parti ont tonné que ces « mackystes » feraient mieux de « trouver des arguments objectifs pour convaincre le peuple sénégalais que vous allez enfin vous mettre au travail après 5 années de saupoudrage médiatico-politicien ».au président Macky Sall, qui « parle de croissance de 7 % et d’un Sénégal sur les rails de l’émergence », les jeunes du parti de l’ancien premier ministre demandent de « se ressaisir » afin de faire, en cette fin d’année, un « discours humble de pardon au peuple sénégalais ».

Les jeunes du parti Rewmi d’Idrissa Seck interpellent le chef de l’Etat sur des questions précises et exigent des réponses claires, nettes. Ils ont égrené un chapelet de préoccupations : « Au dernier trimestre de cette année 2017, l’ensemble de la production industrielle a chuté de 0,6%. Les activités commerciales accusent une diminution de 9,9%.

Le dynamisme du Sénégal est au ralenti, le transport maritime (embarquements -débarquements) accuse un recul de 3,5%. Le fret aérien (en tonnes) est à4,6% de baisse, le trafic international de marchandises (importations-exportations) ferroviaire accuse un déficit de 49,3%,même le trafic voyageurs du Petit Train Bleu a chuté de 14% »ont détaillé ces jeunes du parti « orange ».

Sur le plan agricole, les proches de Idrissa Seck se disent convaincus que « la promesse d’autosuffisance en riz, en 2017, ne sera finalement plus tenue et a été différée jusqu’en 2019, la production arachidière de cette année a atteint plus d’un million de tonnes mais souffre d’un problème de commercialisation, l’Etat n’a pas les moyens de tout acheter, l’exportation vers la Chine est ré- duite car ce pays a connu une surproduction d’arachide cette année, et, par conséquent, la loi sur la taxe à l’exportation devient un goulot d’étranglement ».(Ndlr, lors du dernier Conseil des ministres, cette taxe à l’exportation sur l’arachide a été suspendue).

Dans le domaine de l’emploi, Magatte Diaw et ses « frères » et « sœurs » indiquent que, malgré une croissance de 7% et une émergence tant chantée, les derniers chiffres du mois de juillet ont révélé un taux chômage de 22, 5%, soit une hausse de 12, 5% par rapport aux précédents. C’est là, soulignent ils, que réside la pertinence de la remarque du professeur Ibrahima Sène qui édifie plus d’un sur la manipulation dont sont victimes les Sénégalais.et de citer le dit Pr Sène : « les estimations démontrent qu’ avec un point de pourcentage (1 %) de croissance du PIB, l’emploi global ne progresse que de 0,3 % entre 1999 et 2003, soit une baisse de 0,38 point par rapport à la période 1995 et 1999. Donc, l’augmentation de la croissance a coïncidé avec une baisse relative des emplois ».

Plus grave encore, « la situation de la jeunesse confrontée au défi du chômage est plus alarmante », soutiennent les jeunesses rewmistes. a les en croire, « en 2013, le recensement général de la population RGPHAE a révélé que 59,7 % des chômeurs ont entre 18 et 35 ans et en 2017, l’Enquête Nationale sur l’emploi au Sénégal (ENES/ANSD) a révélé que les jeunes de 18 à 35 ans constituent désormais 63% des chômeurs ».et de prévenir : « une jeunesse désorientée est une bombe sociale, pour preuve, nous sommes tous témoins d’une insécurité galopante, d’un banditisme grandissant, et si on se réfère à l’enquête sur la population carcérale, 56,9% des prisonniers sont jeunes et âgés de 13 à 35ans. Ce qui confirme que la jeunesse est en détresse ».Voilà « le saupoudrage auquel le président Idrissa Seck fait référence », indiquent les jeunes camarades du président du conseil régional de Thiès à l’attention de « ceux-là qui vivent sous l’opulence de l’émergence et sont en décalage avec la réalité ».

Au président Macky Sall, qu’ils invitent à « se ressaisir » et à faire, en cette fin d’année, un « discours humble de pardon au peuple sénégalais », les proches collaborateurs de l’ancien premier ministre recommanderaient de méditer sur ces « sages mots » de l’ancien premier ministre français Dominique de Villepin : « C’est ainsi que la Révolution puis la République se sont détournées de leur essence au profit de “ ‘’l’éternel retour “ de la courtisanerie avec son cortège de complots et de cabales ».

Bamba Toure

Vendredi 22 Décembre 2017 16:06

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