La pratique de l'excision a baissé de 2% entre 2005 et 2011, selon une enquête


 Le pourcentage de femmes excisées âgées de 15 à 49 ans est passé de 28% à 26% entre 2005 et 2011, a dit lundi la ministre de la Femme, de l’Enfance et de l’Entrepreneuriat féminin, Mariama Sarr, citant les résultats d'une enquête démographique et de santé (EDS).

"Selon l'enquête démographique et de santé 2010-2011, 26% des femmes de 15 à 49 ans déclarent avoir été excisées, mais la prévalence au niveau national cache toujours de fortes disparités", a dit Mme Sarr, rappelant, sur la base de cette enquête, que le taux était de 28% en 2005.

Elle intervenait à un atelier sur l’abandon de l’excision. Dans ce domaine, a-t-elle indiqué, "les résultats montrent que les proportions de femmes de 15 à 49 ans excisées demeurent plus élevées en milieu rural qu’en milieu urbain". Le taux est de 29% dans les campagnes, et de 23% dans les villes, selon l'enquête dont le contenu a été donné par Mariama Sarr.

"L’excision, considérée comme une norme sociale, constitue une violation des droits humains et un non-respect des recommandations internationales", a dit Mme Sarr.

"En Afrique, elle est pratiquée dans près de 28 pays d’après l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Entre 100 et 140 millions de femmes et de jeunes filles ont subi une forme d’excision", a-t-elle indiqué, rappelant que "la prévalence est variable d’un pays à un autre, et plus particulièrement d’une ethnie à une autre".

"Le gouvernement du Sénégal a fait de la promotion de l’abandon de l’excision un axe important de sa politique de développement social, notamment à travers la mise en œuvre du Second plan d’action national pour l’accélération de l’abandon de l’excision", a ajouté la la ministre de la Femme, de l’Enfance et de l’Entrepreneuriat féminin.

Ce plan d’action a permis par exemple de réaliser d’importantes activités comme la cartographie des interventions, la mise en place des comités régionaux et départementaux de lutte contre l'excision, la formation des magistrats et des officiers de police judiciaire à la loi interdisant l’excision au Sénégal.

"Le Sénégal, grâce à la mobilisation de tous les acteurs, a fait un bon important dans la promotion de l’abandon de l’excision", a dit Mariama Sarr, invitant les ONG et les acteurs intervenant au niveau communautaire à s’approprier l’approche droits humains de la lutte contre cette pratique.

Cette approche présente l'avantage de mettre l’accent sur "le caractère opérationnel des normes sociales" et a amené de nombreuses communautés à abandonner l’excision, selon Mme Sarr.

La responsabilisation des communautés et leur implication dans la mise en œuvre du programme constituent des leviers sûrs pour amener les populations à tourner le dos à l'excision, a-t-elle ajouté.

De son côté, Coumba Thiam, la Directrice de la famille ministère de la Femme, de l’Enfance et de l’Entrepreneuriat féminin, estime que l’atelier facilitera "le renforcement des capacités des participants" en matière d'approche droits humains, pour décourager l'excision.

"Des actions importantes sont menées en vue de l’abandon de l’excision. Et nous espérons que d’ici à 2015, nous aurons zéro excision" au Sénégal, a-t-elle dit.

APS

Lundi 19 Aout 2013 17:31

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