La carte nationale d’identité est une obligation de l’Etat et dans ses prérogatives d’établir une à tout citoyen sénégalais âgé au moins de 5 ans. (Par Mandiaye Gaye)


La carte nationale d’identité est une obligation de l’Etat et dans ses prérogatives d’établir une à tout citoyen sénégalais âgé au moins de 5 ans. 
Mais voilà qu’actuellement au Sénégal, c’est la croix et la bannière pour se procurer une carte nationale d’identité, après 56 ans d’indépendance. Mais où sont donc, les progrès et les avancées réalisés depuis lors par la République, si nous en sommes encore là ? Et cependant, c’est une pièce indispensable à tout citoyen dans une République qui se respecte, car elle sert à identifier chacun de nous. Une telle pièce doit être délivrée obligatoirement et gratuitement à chaque citoyen, par l’Etat. Une telle obligation républicaine ne devrait souffrir, dans le principe, d’aucun manquement de la part d’un Etat de droit répondant bien de cela et suffisamment responsable. 
A l’évidence, une telle situation, anachronique, est un véritable scandale, un recul de la République et de la citoyenneté. Elle est inexplicable et inacceptable, surtout, à l’ère du numérique. Bizarrement, au Sénégal, il est devenu présentement, plus facile d’obtenir un passeport, un document non indispensable, qu’une carte nationale d’identité qui, elle, est obligatoire, indispensable et doit être gratuitement délivrée, car elle sert dorénavant de document pour circuler librement au sein de la CDEAO et de carte d’électeur. Assurément, cette faute est gravissime dans une République consacrée, signifie un échec lamentable injustifiable, qui n’incombe à personne d’autre que le gouvernement de la République. Un tel manquement si grave démontre incontestablement, l’insuffisance notoire du progrès technologique accompli par notre pays. Il donne également, la preuve que notre pays patauge encore dans l‘archaïsme du siècle dernier, au vu de tous ses importants rendez-vous qu’il manque, et qui sont justifiés par son sous-équipement dans le domaine technologique. Bien entendu, au-delà des discours flagorneurs et vaniteux, qui nous placent toujours devant tous les autres, virtuellement. Par ailleurs, cela prouve aussi, que notre pays ne prend pas sérieusement en compte, la pleine mesure de l’ordre des priorités dans l’exécution des tâches d’envergure nationale. Il ne considère pas non plus, comme prioritaires, les avancées technologiques et la maîtrise de l’outil informatique ou de TIC, dans le développement économique, social voire dans tous les domaines d’activités de notre ère. 
En ce moment précis, et à la veille des prochaines élections législatives, les Sénégalais rencontrent encore, toutes les peines du monde pour se procurer leur pièce d’identité nationale. Et le plus cocasse, c’est qu’il est pratiquement impossible aux citoyens, de mettre la main une autorité compétente, comme interlocutrice valable et capable de vous fournir des renseignements fiables, sur cette nébuleuse affaire de confection de la carte d’identité numérique de la CDEAO. Cette affaire, à n’en pas douter, sent une manœuvre qui ne dit pas son nom. Mais, le temps étant le meilleur juge, laissons au temps le temps, pour qu’il nous dise, ce qu’il adviendrait demain. 
Il faut signaler au passage, que la situation est d’autant plus grave, parce que les cartes nationales d’identité en cours, ne seront plus normalement valables, à partir de fin décembre 2016. Cette date étant en principe, la fin de sa prorogation. Par conséquent, dans moins de deux mois, elles seront forcloses. Par ailleurs, comment, un gouvernement vraiment conscient de ses responsabilités ; et dont les dirigeants voudraient se faire respecter par ses concitoyens, peut-il, agir de la sorte ? A savoir à moins de deux mois d’expiration de la validité des CNI en cours et à 7 mois d’importantes consultations électorales, que sont les prochaines législatives, être dans l’incapacité non seulement, d’établir une carte nationale d’identité en bonne et due forme aux citoyens, mais d’expliquer même clairement, à ces derniers, comment, où et quelle procédure normale doit-on suivre pour se faire confectionner sa nouvelle carte d’identité?  Est-ce cela, qu’on appellerait être sur la voie de l’émergence ? Absolument non ! 
Habituellement, comme pour le passeport, l’établissement de la CNI dans les villes relevait des services de la Police nationale, et hors des agglomérations, par la Gendarmerie nationale, mais sous la direction et supervision de la DAF. Mais, par inadvertance, sans que l’on ne sache pour quelle raison ou quelle motivation, l’Etat a subitement modifié la donne, en installant dans les locaux des préfectures et sous-préfectures la confection et la délivrance de la carte d’identité numérique CDEAO, qui recouvre une double, voire triple fonctions actuellement, car au-delà de servir d’identification, elle sert aussi de carte d’électeur et de passeport pour circuler dans la CDEAO. D’où, la preuve de son importance capitale et aussi de son indispensabilité pour le citoyen de la CDEAO. Ce transfert ne s’est jamais fait auparavant, sauf, peut-être, dans des cas de force majeure. 
Alors, étant donné que cette prérogative est et demeure toujours du ressort de la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF) et comme il est bien précisé par ce qui suit : « Pour mener à bien ses missions, la DAF dispose des moyens ci-après : un budget de fonctionnement et d’investissement ; des ressources humaines ; des ressources matérielles. » Donc, c’est clair, la DAF a une mission bien déterminée et précise, dans laquelle figure parfaitement la confection dde la CNI : « La DAF s’occupe de la confection de la CNI pour le compte de la Direction générale de la Police Nationale (DGPN)…. ».  Par conséquent, « La DAF est chargée de la gestion des fichiers de population à but non policier au niveau d’un centre unique de traitement de l’information du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique. » .Pourquoi dès lors, cette opération d’envergure nationale et spécifique a été délogée des enceintes sous contrôle de la DAF, pour être transférée dans les locaux si exigus des préfectures et sous-préfectures ? Alors qu’il aurait simplement fallu, comme en 2006, installer suffisamment de commissions permanentes, itinérantes et mobiles dans les communes, les quartiers, etc. à travers tout le pays pour faire convenablement le travail dans les meilleures conditions pour tous. Ce qui rapprocherait, l’administration de ses administrés. Autrement dit, un service public doit être à la portée du citoyen, donc à sa proximité la plus immédiate, pour le servir. 
A propos des Commissions, qui assurément, se trouvent être présentement, l’unique solution la plus adaptable, face à l’urgence et au règlement de cet épineux problème. Ces Commissions le régleraient dans les meilleurs délais, si toutefois, elles étaient dotées effectivement, de matériels adéquats et suffisants, et bien sûr, en ressources humaines de qualité, afin d’exécuter dans les meilleures conditions et avec assurance, cette mission nationale si importante et actuellement prioritaire. Surtout, au vu de son caractère urgent et compte tenu du court délai qui nous sépare de la prescription imminente des actuelles CNI. Pour cette raison majeure, le gouvernement doit, toutes affaires cessantes, prendre à bras-le-corps la question de la confection de la CI CDEAO, en mettant tout en œuvre pour son règlement sans délai. Car, actuellement, cette tâche est prioritaire sur tout. A cet effet, c’est le président de la République qui est interpelé et c’est lui qui doit prendre toutes ses responsabilités, en intimant l’ordre au ministre de l’Intérieur pour qu’il rectifie le tir, avant qu’il ne soit trop tard. 
On se demande d’ailleurs, comment l’Etat a pu perdre de vue, naïvement, l’ampleur, l’importance et le caractère urgent que représente cette tâche majeure, au point de ne pas lui accorder toute la priorité requise et qu’elle mérite largement ? Pour s’acquitter d’une tâche aussi capitale, on devrait, à l’évidence, affecter aux Commissions habilitées, tous les moyens nécessaires à l’exécution convenable de leur mission. Et, Présentement, dans les préfectures où se confectionnent le carte d’identité, on y trouve qu’un nombre dérisoire de machines, sans parler du nombre infime de préfectures et sous préfectures par rapport à l’importance de la population, à prendre en charge. En connaissance de cause de tout cela, le gouvernement devait savoir pertinemment, s’il n’était pas aussi naïf et peu clairvoyant, que cette opération allait échouer lamentablement. 
Le résultat, évidemment, ne s’est pas fait attendre. Ainsi, la conséquence logique qui s’en est suivie naturellement, c’est que la confection de la carte d’identité numérisée de la CDEAO se fait au compte gouttes, par faute de centres nécessaires et suffisants, de ressources humaines compétentes pour exécuter un tel travail, qui exige bien de la technicité, de matériels technologiques nécessaires, etc. 
En prenant comme exemple la sous préfecture de Ngor, qui regroupe les Communes de Ouakam, Ngor et Yoff, selon certaines rumeurs recueillies auprès de sources, non vérifiables, puisque celles officielles sont introuvables et aphones, les citoyens devraient se présenter à la sous préfecture entre 2 heures et 3 heures du matin, s’ils veulent être pris en charge. Ensuite, le centre ne prendrait qu’une soixantaine de personnes par jour sur une population concernée d’environ 100000 (cent mille) habitants. Mais qu’en est-il au juste ? Nul ne le sait, puisque le Gouvernement n’a pas jusque-là, communiqué les bonnes, précises et fiables informations, en direction des populations concernées. Cette manière de procéder a bien l’air d’un sabotage ou alors, d‘une mauvaise volonté manifeste pour décourager les citoyens à se faire établir une pièce d’identité et d’électeur, que la loi oblige à l’Etat de délivrer à chaque citoyen, obligatoirement et gratuitement. 
En effet, ce sont là, les signes, les tares et les pratiques d’une gestion libérale, foncièrement informelle de l’Etat qui subsistent encore, et dont l’actuel régime de Macky Sall, le même que son prédécesseur, refuse ou n’entend pas de rompre d’avec. 
Compte tenu de cette cacophonie, soubassement d’un scandale prochain, on peut bien présager d’une anguille sous roche, mais aussi et peut-être un prétexte d’un éventuel motif de report des prochaines législatives de mai ou juin 2017. Alors, que personne ne soit surpris ou étonné demain, d’apprendre une pareille nouvelle. Comme si l’on nous préparait à une mauvaise surprise, cet imbroglio, pourrait être un motif pour nous mettre devant le fait accompli d’un report sine die des législatives, pour faute de carte d’identité et d’électeur. Ou alors, d’organiser en catimini, des élections tronquées, truquées, frauduleuses, qui pourraient provoquer des troubles regrettables. Alors que l’Etat avait tout le temps devant lui pour bien les préparer dans le calme et la transparence totale. Je reprends à travers cette contribution, l’adage qui dit : « Mieux vaut prévenir que guérir » En tout état de cause, la balle est actuellement dans le camp du gouvernement. 
Dakar, le 17/11/2016 
Mandiaye Gaye


Samedi 19 Novembre 2016 08:32

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