Karim WADE ne connait pas assez ce pays, et ses « amis » ne l’y aident pas !


 
M. Le Ministre d’Etat Karim WADE,  
Ma naïveté m’a longtemps poussé à croire que votre principal problème avec les Sénégalais demeurait le manque de connaissance que ces derniers avaient de votre univers socio-culturel. 
Je dois à la vérité de dire, qu’aujourd’hui, ma conviction est que c’est vous, Karim WADE, qui ne maîtrisiez absolument pas l’univers socio-culturel sénégalais. 
Malheureusement pour vous, ceux à qui incombent la tâche de vous permettre de vous imprégner de cette fameuse « culture sénégalaise » ne vous aident pas assez ou mal car déployant un agenda politique alors que le combat politique est, à mon humble avis, un combat social avant d’être politique. 
M. Le Ministre d’Etat, je m’engage à vous dire que tous les actes que vous posez depuis votre sortie de prison vont dans le sens de vous éloigner des Sénégalais et de vous faire détester d’eux. Pour preuve ? Trois éléments factuels que vous avez-vous-même posés, sans y être contraint. 
Vous aviez déposé le 1er février 2016, sur la table du Parquet de Paris, une plainte contre l’Etat du Sénégal et contre X, avec constitution de partie civile. Ce pour,je cite : « délits et crimes perpétrés à mon encontre à l’étranger». L’étranger étant pour vous le Sénégal. 
Le 16 Octobre 2017, vous avez  été auditionné en ligne par Mme Lucie BERTHEZEN, Juge d’Instruction au Tribunal de Grande Instance de Paris, audition au cours de laquelle vous avez maintenu les propos précités. En considérant être victime de délits et crimes perpétrés à votre encontre, à l’étranger (au Sénégal), et en cherchant protection auprès de la justice de votre pays (la France), vous avez montré aux Sénégalais que ne vous considériez pas comme membre de droit de la communauté nationale et leur avez affiché de fait votre mépris. 
Or, M. Le Ministre d’Etat, certains Sénégalais peuvent être méprisants mais la totalité des Sénégalais détestent que leurs chefs les méprisent. 
Lorsque vos collaborateurs parlent de votre souhait d’être candidat à l’élection présidentielle du 24 Février 2019, ils associent toujours votre Père à leurs déclarations, en identifiant le souhait de WADE Fils comme étant le combat de WADE Père. Dans la socio-culture sénégalaise, à l’enfance, ce sont les parents qui sont responsables des enfants. Lorsque les parents atteignent l’âge de la vieillesse, on change de paradigme et les rôles s’inversent car ce sont les enfants qui ont dorénavant la responsabilité de la prise en charge de leurs parents. Il est vrai que vous avez passé la moitié de votre vie adulte hors du Sénégal (1985-2002) (2016-). Je puis comprendre, en conséquence, que vous ne maîtrisiez pas totalement toutes les subtilités comportementales, langagières et de délégation de pouvoir qui ont trait dans ce pays. Mais, vos collaborateurs et amis politiques qui, pour la quasi-totalité, sont issus du sérail connaissent ce paradigme social. Et, ils devraient vous inciter à l’avoir à l’esprit. Car, les Sénégalais dans leur écrasante majorité ne comprennent toujours pas pourquoi vous voulez faire mener à votre vieux Père (Que Dieu lui prête encore vie et santé), votre combat d’homme adulte. Ils assimilent cela à du manque de courage voire à de la lâcheté. Nous sommes en politique, et dans ce domaine, rien ne se donne sur un plateau d’argent, tout s’acquiert de hautes luttes. 
Or, M. Le Ministre d’Etat, certains Sénégalais peuvent faire preuve de lâcheté mais, a totalité des Sénégalais détestent, que leurs chefs fassent preuve de lâcheté. 
En prélude à la réunion du Groupe Consultatif de Paris des 17-18 Décembre 2018 consacrée à la recherche de financements dans le cadre de la phase 2 du PSE, vous avez une fois de plus fait appel à des forces étrangères afin qu’elles interviennent dans les affaires intérieures du Sénégal. Cela fait suite à la sollicitation adressée à votre « oncle » Robert BOURGI afin de faire intervenir les Eléments Français au Sénégal (EFS) dans la nuit du 27 Juin 2011 en vue de pacifier les rues dakaroises et sénégalaises en feu. A ma connaissance, dans le monde démocratique moderne, vous êtes aujourd’hui le seul ancien Ministre d’Etat et Candidat à l’élection présidentielle à avoir fait appel à deux reprises en moins de 90 mois à des forces étrangères afin d’occuper les rôles et fonctions des forces nationales. Cette prouesse est d’autant plus remarquable que ces demandes de mise sous tutelle du pays interviennent aussi bien en étant au pouvoir que dans l’opposition. Si dans l’espace des pays républicains et démocratiques du monde, une situation aussi ubuesque a déjà été rencontrée, je suis preneur. Les Sénégalais sont profondément fiers et jaloux de leur modèle socio-culturel et démocratique, M. Le Ministre d’Etat. Traîner ce modèle dans la boue pour le Pouvoir est pour eux l’expression même d’une trahison. 
Or, M. Le Ministre d’Etat, certains Sénégalais sont capables de vendre leur âme pour de l’argent mais la totalité des Sénégalais détestent que leurs chefs vendent leur âme pour le pouvoir. 
En réalité, Monsieur, ces erreurs sont le fruit de la méconnaissance réelle que vous avez du pays profond et de ses réalités sociologiques. Et, malheureusement, vous n’avez pas été gâté par la Chance en collaborateurs généreux, outillés et disponibles afin de vous accompagner dans cette quête du Sénégal socio-culturel. Cela explique finalement  que vous vous trompiez quasiment tout le temps dans le timing des actes posés, des mots à énoncer et des maux à dénoncer. Ne pas en être conscient, c’est pour vous, aller encore vers de graves désillusions. 
Espérant compréhension de votre part, je vous prie d’agréer M. Le Ministre d’Etat, l’expression des salutations respectueuses. 
Papa Abdoulaye DIOP 
Plateforme G21


Jeudi 20 Décembre 2018 04:15

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