Ismaela Sow, président du conseil national de la maison des éleveurs du Sénégal : «Les tractations aux frontières ne nous facilitent pas la tâche»


«Les tractations au niveau des frontières ne nous facilitent pas la tâche. Ceux qui importent leurs moutons du Mali ou de la Mauritanie sont confrontés à des contrôles interminables. Il leur arrive de débourser 100 000 FCfa par chargement, à chaque poste de contrôle. C’est inadmissible. Mais, nous ne pouvons pas imposer aux autres pays notre volonté. Nous sommes donc obligés de payer ces taxes exorbitantes. Les arrêts interminables nous causent aussi beaucoup de tort. Nous perdons du temps et payons beaucoup de frais, avant de rallier Dakar et les autres régions du pays. Sans compter que des moutons meurent en cours de route. Ainsi, brimés par les nombreux contrôles et autres fouilles, les opérateurs finissent par migrer dans certaines villes frontalières, comme Matam, Diama, Diawara, Rosso ou Bakel où ils peuvent vendre librement leurs troupeaux. Loin des tracasseries. Il y a pénurie de moutons, parce que les consommateurs tardent toujours à acheter leurs petits ruminants. C’est eux qui devraient de nous aider à changer la donne. Ils ne doivent pas attendre jusqu’à la dernière minute pour acheter leur mouton de Tabaski. Aujourd’hui, les éleveurs ne peuvent s’aventurer à importer des moutons à leurs risques et périls. Pour ce faire, ils doivent contracter des dettes auprès des banques. Et, de nos jours, beaucoup d’éleveurs ont eu maille à partir avec la justice, pour n’avoir pu honorer leurs prêts bancaires. Pis, d’autres sont ruinés, à cause des échecs des opérations Tabaski. Les gens disent que les moutons sont onéreux. Mais, convoyer des moutons nécessite des charges colossales. Aussi les prix me paraissent-ils raisonnables.»


Jeudi 1 Septembre 2016 09:43

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