Frénésie totalitaire (Par Dr Malick Dieng)


« Le vent ne peut pas être favorable à celui qui ne sait pas où il va » disait Sénèque. Sans boussole sans gouvernail, les marins, les explorateurs les plus expérimentés se perdent et meurent en mer.

Dans sa dangereuse vision politique, le régime de Macky veut éliminer tous les esprits indépendants opposés à sa logique chthonienne. Les délicates circonvolutions du cerveau doivent être pétrifiées. Le braillement amplifié des hauts parleurs et des troubadours doivent remplacer les réflexions pour parler comme Keynes.

C’est dans ce sillage qu’il faut incorporer l’idée « de marabouts citoyens ordinaires, de chapelets qui ne développent pas un pays ».

Le système totalitaire avait érigé des barrières contre les libertés individuelles et ignorait les fondamentaux de la démocratie, socle de notre existence.
Vous violez les principes fondamentaux du libéralisme en tentant de contrôler la liberté d’expression et d’entreprendre reconnue par notre constitution.  L’interdiction de la marche du PDS prouve, une fois de plus, que votre obsession dictatoriale ne fait plus aucun doute. L’autodafé, la négation, la répression, l’intimidation, le camouflage sont des stratégies nazies qui peuvent être observées dans votre gestion totalitaire du pouvoir. Vos troubadours, dans leurs causeries, pleines de contrevérités  et d’ignorance, montrent que vous ne faites plus rêver. Leurs discours truffés de farces et de mystifications ensevelissent des pans entiers de notre histoire.  Comme des nègres fantoches, ils estiment qu’ils doivent tout à l’Occident, aux forces occultes qui vendangent notre progrès. Ils ne citent que des référentiels européens comme si notre continent est dépourvu d’hommes éclairés.
Certains y compris d’ex taulards aillent jusqu’à préconiser l’arrestation de Me Wade pour trouble à l’ordre publique.
Me Wade était pour la convergence des pluralités et le polissage de la rugosité des angles, permettant à notre belle Afrique de sortir des tenailles de l’Occident. Il savait acclimater une doctrine libérale et imposer les puissants ressorts de développement économique et social.

Il refusait de racler les maigres ressources des ménages pour financer des projets non rentables.
Monsieur le Président, on vous a entendu dire que vous faites une politique sociale, mais le pilier travail est absent dans votre stratégie de gouvernance. Ce qui se traduit par l’aliénation de notre belle patrie. Votre prédécesseur disait qu’il faut travailler beaucoup travailler, encore travailler. Car pour lui ; c’est par le truchement du travail qu’on arrive à gravir les échelons menant au progrès réel. Alors que dans votre doctrine, il faut quémander, encore quémander, beaucoup quémander. C’est par cette attitude, qu’on parvient à satisfaire les convoitises des colons et des négriers du nouvel ordre mondial (BM, FMI, OMC). Vous faites perdre à notre pays 60 milliards par an sur les appels entrants. L’abandon des taxes sur les billets d’avion, le bradage des licences de télécommunication et des terres à perte, démontrent l’inculture d’une intendance. Ces pertes seront supportées par l’augmentation du prix du carburant, la diminution des subventions sur les produits pétroliers, agricoles.
Vous asséchez les finances publiques en étant incapable de capturerer les fonds qui circulent dans le monde. Vos voyages à travers le monde ne sont pas fluctueux, si ce n’est crever notre budget national. Vos conseils des ministres décentralisés  ou tourisme gouvernemental n’ont aucun sens. Ils servent, cependant, à gaspiller nos maigres ressources pour des débauchages de militants, de transhumants. Je pense que vous étiez absent quand votre prédécesseur menait le combat titanesque pour le Sénégal et l’Afrique.
Où étiez-vous quand des africains se battaient pour briser l’élan de domination des vampires de nos maigres ressources. Où étiez-vous quand Me Wade brisait les chaines d’intermédiation qui faisait de notre patrie une chasse gardée de la France, des Etats unis. Où étiez-vous quand Me Wade s’opposait farouchement à l’immigration choisie visant aspirer notre élite pour combler le déficit de vieillesse des populations occidentales. Où étiez-vous  quand Wade portait le combat contre les APE qui scelleraient définitivement le sort de l’Afrique. Où étiez-vous quand l’union sur la méditerranée, visant à priver l’Afrique d’un puissant marché, était agité. Où étiez-vous quand le premier projet panafricain (NEPAD) infirmait le doxa occidental, valorisant ainsi l’ingéniosité de l’homme africain.   Où étiez-vous quand le dernier géant panafricain poussait plus loin qu’en Occident le concept de démocratie, en faisant de la parité une réalité incontestable. En diabolisant les pertinents concepts et programmes wadiens ;  la GOANA, le Plan REVA, Le SESAME, La Solidarité numérique, la Wade Formula, Bouquet en Manques, Savoir Plus, Facteur non Spécifié, Effets de percussion, Muraille verte, généralisation des bourses, case des tout – petits, cyber case,  vos laudateurs prouvent que vous n’avez créé aucun concept, aucune idée, aucun programme si ce n’est la traque des biens.
Vous refusez de citer Me Wade dans vos discours, en tentant de l’effacer des tablettes de l ‘histoire ce qui vous ramène aux théories d’Arthur de Gobineau, du Docteur Mengele, et de Bernard Lugan, champions incontestés de la négation et de la falsification. Votre peuple souffre et agonise. Entre le purgatoire et l’enfer, il subit les affres d’un an de tâtonnement et d’errance. L’option sécuritaire à outrance est une symbolique totalitaire. L’histoire nous rappelle le nid d’aigle et la tanière du loup, les plus performants bunkers nazis, derniers refuges du Führer Hitler.

En transformant le Palais en Bunker, en disposant d’une sécurité impressionnante, vous ne pouvez résister à l’épreuve de la liberté, aux forces sociales, qui vous ont élu de manière démocratique. La seule barricade imprenable est celle qui émane de la satisfaction des promesses électorales et du respect de l’Etat de droit et des libertés individuelles.

L’option, consistant à créer une agence de sécurité, synonyme d’une milice d’autodéfense, n’est rien d’autre qu’une pratique courante chez les fascistes. On se rappelle des exactions des sections d’assaut commandées par Ernest Röhm. Bras armé des aperistes, cette milice politique plongera notre pays dans une insécurité absolue.

Les nazis se sont appuyés sur des théories scientifiques détournées pour assoir une domination totale qui détruisit les fondements de la dignité humaine. Les doctrinaires de la traque estiment que Rebeuss doit d’être transformé en camp de concentration et d’extermination des opposants au régime, rappelant Dachau, Auschwish, Treblinka, Maidanek, Sobibor.

La quête d’une gloire impossible devant l’urgence de l’histoire conduit les hommes à des pratiques lugubres.
Les affiliés de l’APR pensent qu’un Etat doit s’appuyer sur la violence et l’intimidation comme force motrice pouvant les mener à la quiétude d’une gestion, déjà, calamiteuse. Les envolées des troubadours, les diatribes infondées des chasseurs de prime ne peuvent masquer la dure réalité du quotidien des sénégalais qui, se sentent trahis et désabusés par une racaille politique aux promesses factices.

La seule stratégie socialeréussie est l’érection d’une fondation qui engloutit des sommes faramineuses dans une gestion obscure.  Patrouillant les rues avec des véhicules parés d’écritures rappelant les propagandistes nazis, les tenants de cette organisation ignorent que la politique spectacle et artificielle du social n’est pas l’apanage des fondations à missions floues.

 C’est dans  ce même ordre d’idées qu’il faut incorporer la lugubre délégation  chargée des  questions sociales : une succursale opérant dans des conditions floues et brassant des sommes colossales. En se substituant aux services sociaux, en caporalisant des moyens gigantesques, la délégation télescope avec les circuits traditionnels qui se voient vidés de leur substance.

 Au nom d’une gestion familiale et clanique, les tenants du pouvoir actuel sont dans une posture de légitimation et d’enracinement des stratégies de prédation à travers des structures inopportunes.

C’est la première fois dans l’histoire du Sénégal qu’on voit l’émergence d’une doctrine clanique et dynastique de la gestion sinistre du pouvoir.

 L’ethnicisation du pouvoir, la gestion familiale cauchemars des démocrates, aubaine des fantoches resurgissent au Sénégal. En effet, elles font partie de la stratégie de conservation du pouvoir et de la sécurisation des espaces de prédation déjà saturées.  Ils confirment, ainsi, les écrits du sociologue Lebens pensant que  pour assurer leur part du gâteau national, certains sont prêts à arrêter la cuisson.

Cette tactique poussée à bout, débouchera forcement sur la création d’un Lebensrom (espace vital) aux conséquences désastreuses.

On reconnait que vous avez réussi à dompter, par les prébendes et les sinécures, les plus virulents acteurs de la société civile. Wade les appelait les encagoulés qui avancent masqués pour mieux s’approcher des délices du pouvoir.

En se réfugiant dans les glues de la faribole indicatrice d’un esprit en carence d’idées novatrices, de programmes fiables, d’ingéniosité, les partisans de la diatribe infondée brisent la belle vitrine démocratique du Sénégal.

DR Malick Dieng
Directeur de l’Institut Liberal
Chargé des relations internationales du PDS
Membre du comité exécutif de l’Internationale Libérale.

MD

Lundi 13 Mai 2013 16:01

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