Il y aura un avant et un après-référendum du 20 mars au Parti socialiste (PS), la vieille formation politique qui s’est donnée en spectacle, ce week-end. Elle a renoué avec la violence, des scènes pas inhabituelles dans la vie d’un parti uni et unifié, de façade.
Après les remous qui ont entraîné le « limogeage » de Me Aissata Tall Sall de son poste de porte-parole du parti, au profit de Abdoulaye Wilane, très proche de Ousmane Tanor Dieng, les démons de la division semblent aujourd’hui plus que jamais présents dans les rangs des socialistes que le président Macky Sall a fini de diviser en deux camps, comme il en a fait avec d’autres formations politiques comme l’AFP et le Pds, et la classe politique d’une manière générale.
Militants et responsables, unis dans la division
Aujourd’hui tiraillés entre le Oui que cherche à imposer le secrétaire général Ousmane Tanor Dieng, et le Non qui se fait de plus en plus audible et qui prend de l’ampleur, les militants ne se retrouvent plus dans leur parti, contraints sont-ils, à faire un choix. En divisant les militants et les responsables du parti, Macky Sall réussit à faire d’une pierre deux coups. Il obtient la dislocation d’un parti très structuré, fort et très expérimenté, tout en multipliant le nombre de ses adversaires et challengers potentiels en vue de la prochaine présidentielle. Un émiettement progressif qui ne sera pas sans conséquence sur l’avenir d’un parti dont la direction voudrait préserver les avantages issus de son compagnonnage avec le pouvoir. Alors que des voix internes, et légitimes de surcroît, réclament avec insistance plus de démocratie interne.
Barthelémy, un fidèle lieutenant, lâche Tanor
Avant, Aissata Tall Sall, hier Khalifa Sall, aujourd’hui Bartheléymy Dias. Demain, un autre responsable qui estime nécessaire de revoir le compagnonnage avec le président Macky Sall, devra se taire et continuer d’avaler des couleuvres, ou suivre la voie de la rébellion tracée et incarnée par Aissata et Khalifa, nouvellement confortés dans cette position par le maire de Mermoz-Sacré-Cœur, jusqu’ici perçu comme un fidèle lieutenant de Tanor Dieng. Connu pour son franc-parler, la dernière sortie de Barthelémy Dias est symptomatique d’un malaise qui couve au sein de la formation politique socialiste.
Se taire, et s’éteindre
En effet, ces désaveux successifs qui mettent le secrétaire général en minorité, de plus en plus, constituent un revers pour ce dernier, qui teint le parti d’une main de fer. En atteste sa dernière décision de voter Oui au référendum, arrêtée et imposée sans concertation avec les siens, et laquelle continue de soulever une vague d’indignations et de protestations. Ousmane Tanor Dieng, fortement contesté, devra nécessairement œuvrer à permettre l’expression de voix discordantes au sein du parti. Ou alors, il prend le risque d’entériner une scission inévitable du PS ; menacé par le syndrome « Fada et Gakou ».
Entre la démission volontaire, et l’exclusion, les uns comme les autres, ont largement le choix.