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«Double tranchant» : Sonko vise Macky Sall et Diomaye Faye


Interrogé par Wal fadjri, le journaliste et analyste politique Ibrahima Bakhoum qualifie de « double tranchant » le recours de Pastef aux commissions d’enquête parlementaires pour mettre en cause la gestion des anciens dignitaires du régime de Macky Sall. S’il reconnaît la légitimité du contrôle parlementaire, il dénonce les risques de règlement de comptes politiques et s’interroge sur les objectifs de cette démarche.

Un pouvoir de contrôle légitime sur le principe

Ibrahima Bakhoum rappelle que « l’Assemblée nationale dispose d’un pouvoir de contrôle sur l’action gouvernementale ». Il ne conteste donc pas le principe des commissions d’enquête, qui permettent de demander des comptes aux anciens responsables sur la gestion des ressources publiques. Toutefois, il met en garde contre les arrière-pensées politiques que peut laisser entrevoir leur conduite. « Pastef veut faire de la transparence, mais donne l’impression, en même temps, de faire du règlement de comptes », affirme-t-il.

L’analyste souligne également les risques liés à l’exposition publique des personnes auditionnées, dont la réputation peut être affectée avant même que leurs responsabilités ne soient établies par la justice. « C’est la mise en scène […] de ces auditions qui suscite des interrogations », observe-t-il.

Le Président Bassirou Diomaye Faye dans le viseur

Pour Ibrahima Bakhoum, la stratégie de Pastef pourrait dépasser la seule mise en cause des anciens dignitaires de l’Alliance pour la République (APR) et viser également le président Bassirou Diomaye Faye. En exposant les pratiques présumées de responsables de l’ancien régime ayant rejoint la mouvance présidentielle, le parti chercherait à embarrasser le chef de l’État. L’analyste résume cette logique par la formule : « ceux qui transhument vers Kiraay n’ont pas les mains propres. »

L'interlocuteur du quotidien du Groupe de presse de Front de terre estime par ailleurs que les commissions offrent à Pastef une nouvelle tribune pour mobiliser ses militants, alors que les procédures judiciaires engagées contre d’anciens responsables n’ont pas produit les résultats espérés par le parti d'Ousmane Sonko.



Mercredi 14 Octobre 2026 09:00

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