Dak’Art 2014: une exposition revisite le patrimoine philatélique national


SETAL.NET-La direction générale de la Poste abrite, pour la première fois, une exposition philatélique, dans le cadre d'un ''Off'' de la 11e édition de la Biennale de Dakar (9 mai-8 juin), une manière de susciter un engouement pour cette forme d’art peu connue mais surtout montrer la dimension culturelle du timbre philatélique dans sa mission de promouvoir l’art au Sénégal.

Moustapha Dimé, Gora Mbengue, Aziz Ba et Moda Ndiaye font entre autres partie de ces artistes dont les noms sont visibles sur les tableaux représentant des timbres à travers leurs dessins ou photographies.

Plusieurs thèmes dont l’environnement et la lutte sénégalaise sont abordés. Il y a aussi les costumes traditionnels du Sénégal, le ''goumbé lébou'' (danse) ou encore le masque d'un sorcier.

Selon Fatou Diaw Diagne, marraine de l’exposition et chef de la division philatélique de la Poste, il s’agit de tableaux qui avaient été utilisés pour la réalisation de timbres en 2002, en partenariat avec la Biennale de cette même année.

''Ces timbres représentent tous les aspects de la vie d’une nation. On dit que le timbre est un ambassadeur, et par la magie des collections il pénètre dans tous les foyers du monde, pour renseigner sur la vie du pays'', a-t-elle dit, mardi à Dakar, lors du vernissage de l'exposition.

Ces objets traduisent également, selon elle, ''les grands événements de la nation''. Mme Diagne a précisé qu'au Sénégal, ''la philatélie est aussi ancienne que la Poste''. Mais, a-t-elle relevé, ''il faut un travail de communication et une bonne campagne pour le faire connaitre du public sénégalais''.

Pour Ibrahima Sène, artiste plasticien et ancien receveur de la Poste, ''la philatélie est mal connue au Sénégal et cela peut être dû au fait que les philatélistes, c’est à dire les collectionneurs de timbres, n’ont pas d’espaces où se retrouver à Dakar mais l'avènement des nouvelles technologies peut être aussi une autre cause''.

''Les timbres philatéliques sont en général très rares et ne sont pas tirés en grand nombre. En général, ce sont des timbres tirés par séries et c’est justement cette série qui forme toute la collection'', a expliqué M. Sène qui a souligné que les collectionneurs ''sont plus des Européens que des Sénégalais''.

Le directeur des arts, Ousseynou Wade, a pour sa part rappelé l’édition spéciale de timbres-poste avec le logo de la Biennale en 2002 et les œuvres de trois artistes Moustapha Dimé, Vieux Diba et Abdoulaye Konaté, primées en 1996, en 1998 et en 2000. Leurs œuvres, a t-il dit, ont été traduites sur des timbres.

‘’La philatélie est une histoire ancienne entre la Poste et les arts (...) mais il se trouve aujourd’hui que sa première fonction, en particulier pour les jeunes avec le développement des nouvelles technologies, est quelque peu ignorée car ils n’ont pas grandi avec la valeur que constituait la lettre et celle que constituait le timbre-poste qui véhiculait la lettre'', a t-il dit.

Selon lui , ''ce patrimoine important mériterait d’être enseigné dans les établissements scolaires pour comprendre comment le timbre-poste a évolué et à quoi il a servi’’.

Ibrahima Sène a affirmé que cette exposition reflète l'importance du patrimoine national mais aussi l’histoire de la philatélie au Sénégal.


Mercredi 14 Mai 2014 17:03

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