COMMUNIQUE DE PRESSE 340 communautés doivent encore s’engager pour un abandon national de l’excision au Sénégal

6 février 2013, Dakar, Sénégal – En cette Journée internationale pour l’abandon de l’excision, Tostan, ONG basée en Afrique, a annoncé le nombre de communautés qu’elle estime nécessaire à atteindre pour faire du Sénégal le premier pays à renoncer à la pratique sur le plan national.


Selon les dernières évaluations menées sur le terrain, et grâce à l’analyse de données récentes,  Tostan estime que son Programme de Renforcement des Capacités Communautaires (PRCC) devra être mis en œuvre dans 340 nouveaux villages, avant de parvenir à une Déclaration Publique d’abandon de l’excision d’envergure nationale.
 
Le Plan national pour l’abandon total de l’excision d’ici 2015 du Gouvernement du Sénégal a fait du PRCC l’approche privilégiée pour l’abandon de la pratique dans le pays.
 
Tostan a concentré son analyse sur les zones clés du Sénégal, où la prévalence demeure élevée, et où il sera par conséquent nécessaire d’intensifier les efforts pour accélérer l’abandon de l’excision. Il s’agit notamment des régions de Kolda (94%), Sédhiou (86,3%) et du Fouta (87,2%).
 
Depuis 1991, le programme d’éducation de Tostan, basé sur les droits humains et d’une durée de trois ans, a été mis en œuvre dans 2451 communautés du Sénégal. La première Déclaration Publique pour l’abandon de l’excision du pays a eu lieu en 1997 à Malicounda Bambara, un village de l’ouest du Sénégal. Depuis, plus de 5500 villages sénégalais (grâce à leur participation directe au programme de Tostan ou grâce aux stratégies de « diffusion organisée » et de « mobilisation sociale ») ont publiquement déclaré abandonner l’excision.
 
Si la pratique de l’excision est interdite depuis 1999 au Sénégal, un succès notable a été observé au niveau communautaire ces dernières années grâce à la mise en œuvre d’un programme d’éducation non formelle, basé sur les droits humains. Les déclarations publiques d’abandon de la pratique ont joué un rôle clé dans la mesure de ce succès et constituent des serments dans les groupes au sein desquels se nouent les mariages et pour les réseaux sociaux élargis des communautés qui s’engagent.
 
Les Enquêtes Démographique et de Santé (EDS) donnent les statistiques clés par pays en matière de population, santé et nutrition, ainsi que l’évolution des tendances sur l’excision. La récente enquête menée au Sénégal montre que 60% des femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont été excisées affirment ne pas avoir fait subir la pratique à leurs filles âgées de 0 à 9 ans. Cette diminution significative appuie l’hypothèse d’un changement de comportement et d’attitude sur l’excision, induite par le nombre croissant de communautés qui ont participé à des déclarations d’abandon de la pratique.
 

Bamba Toure

Mercredi 6 Février 2013 22:33

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