Aliou DIA sur la Filière arachidière : «Si aujourd’hui, on parle encore de bons impayés, c’est très regrettable!»


Mr Aliou DIA, président de ‘’Forces paysannes’’ a d’abord rappelé qu’à l’avènement de la première alternance, Mame Madior BOYE, premier ministre à l’époque, s’était rendue à l’Assemblée nationale pour échanger avec les députés sur le problème des bons impayés qu'elle qualifiait de ‘’ conjoncture’’. Selon lui, « on avait pensé que c’était devenu un vieux souvenir. Mais si aujourd’hui, on parle encore de bons impayés, c’est très regrettable...»

A son avis, cela relève simplement de la manière dont on a géré jusqu'à présent, la filière arachidière en terme de commercialisation :  « il faut retourner à l’orthodoxie et mettre les hommes qu’il faut à leur place afin que tout marche, étant donné que c’est l’Etat qui doit gérer cette situation et encadrer les acteurs pour que chacun respecte les normes établies.»

Parlant de la responsabilité de l’Etat, Aliou Dia a souligné que « l’ouverture du marché chinois ne peut pas être une solution. Les chinois ont agi sur le marché, il y a quelques années avec des prix exorbitants ; mais une année après, nous avons fait deux constats : les bonnes graines qui étaient parties n’étaient utilisées ni en Chine, ni au Sénégal ; et cela avait porté préjudice à la filière parce qu’on était confronté à des problèmes de bonnes semences».

«Les chinois ne peuvent nullement constituer une solution»

 Mr DIA a encore précisé  « que l'option chinoise est une solution circonstancielle qui va dérégler davantage le système, asphyxier le tissu industriel, affecter le capital semencier. L’arachide qui est notre principale culture de rente, va encore être à genoux dans ce pays».

Selon le président de ‘’Forces paysannes’’, «les chinois ne peuvent nullement constituer une solution». Comme vous le savez, a-t- il expliqué, le Sénégal ne peut pas investir et faire des efforts pour créer des richesses en obtenant des variétés homologuées, subventionner les intrants, les semences et le matériel agricole et permettre à des chinois de prendre cette matière première brute au niveau du champ pour aller maintenant l’exploiter ou la transformer en chine. Cette procédure tue la filière arachidière, le tissu industriel, et crée un désordre.» 

Mr DIA pense qu’il faut réorganiser le système, d’autant plus que le Sénégal ne peut pas parler de surplus de production, «compte tenu de l’état de l’hivernage, de l’état de la qualité des semences qui ont été données cette année».

Invité à  une émission de la Rfm sur la filière arachidière, il estime que l'accord est une erreur grave  car les producteurs sénégalais n’auront pas les moyens d’aller vendre en Chine, mais plutôt ce sont les chinois qui viendront submerger notre marché...»

Ainsi, se résume donc son point de vue : «le salut de notre agriculture ne se trouve pas entre les mains d’étrangers, mais plutôt entre celles des véritables acteurs qui doivent contrôler le système ; il faut que l’Etat les oriente et mette les moyens nécessaires à leur disposition!»     



Samedi 13 Septembre 2014 07:38

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