Le référendum est un procédé de démocratie directe par lequel l''ensemble des citoyens d''un territoire donné est appelé à exprimer une position sur une proposition qui leur est soumise, concernant « une mesure qu''une autre autorité a prise ou envisage de prendre » (Julien Laferrière). Par conséquent, si le Président opte pour une procédure de vote permettant de consulter directement les électeurs sur la réduction de son mandat de sept à cinq ans, qui ne sera adoptée qu’en cas de réponse positive, le peuple sénégalais ne doit que s’en féliciter. Pour ceux qui sont sceptiques, inquiets ou qui doutent de la promesse de son excellence Macky SALL, il faut qu’ils comprennent que le président de la République entend tenir parole quant à la réduction de son mandat de 7 à 5 ans. En effet, le candidat Macky Sall s’était engagé à ce que, une fois élu pour un mandat de 7 ans courant jusqu’en 2019, il allait le ramener à 5 ans, pour une Présidentielle en 2017. D’aucuns qui pensent que l''alternative qui convient le mieux au chef de file de l’Alliance pour la République (Apr) par rapport à la réduction de son mandat, est de présenter sa démission au bout des 5 ans d''exercice du pouvoir, ne savent pas que cette option peut plonger le pays dans la léthargie et ne peut aucunement régler le problème. Par conséquent, pour matérialiser cette promesse, Macky Sall ne peut recourir qu’à la voie référendaire, qui est une disposition constitutionnelle. La voie référendaire est, avant tout, un instrument de "démocratie directe" et permet au peuple d’intervenir directement dans sa décision de réduire son mandat. Le slogan « touche pas à ma constitution » du 23 juin est évocateur et montre que le peuple sénégalais ne veut plus de tripatouillage de sa constitution, perçu comme une «monarchisation» du pouvoir. A travers cet acte, le Président pose les jalons d’une révolution des mentalités et des habitudes, consolident les fondements durables de la bonne gouvernance, par une rupture en profondeur dans nos rapports individuels et collectifs avec le service et le bien publics. En outre, cette réforme institutionnelle, initiée par le Président de la République, première en son genre en Afrique, met notre système démocratique aux standards internationaux les plus exigeants, dans la stabilité et la modernité des institutions républicaines. Rappelons que son prédécesseur voulait imposer un ticket présidentiel (un président et un vice-président) éligible au premier tour avec une majorité simple de 25% des voix ; puis a modifié la Constitution sénégalaise pour pouvoir se présenter une troisième fois à la présidentielle, en créant ainsi un précédent dangereux pour la suite de l’histoire d’un des pays africains les mieux en vue démocratiquement. Ainsi, en posant cet acte de l’abaissement du mandat présidentiel par voie référendaire, le Président de la république montre, de façon manifeste, la nécessité d’éviter l’érosion de la légitimité présidentielle, notamment en cas de réélection du chef de l’État, du fait d’une durée excessive de ses fonctions ; et son souhait de permettre la respiration démocratique de nos institutions, au moment où certains présidents des pays voisins continuent à gérer leur pays depuis des décennies sans perspective d’alternance. Cet exemple sénégalais de l’abaissement du mandat du président doit être salué par le peuple sénégalais et doit aussi constituer une source d’inspiration pour tous les pays africains qui continuent, dans le 21eme siècle à vivre dans la monarchie ou dans l’ère du parti unique. SERIGNE A. DIOMBOKHO MEMBRE DE LA CCR (CONVERGENCE DES CADRES) – MBACKE