«De cet accord et son aboutissement, nous pouvons en tirer un certain nombre d’enseignements qui sont à l’honneur de notre pays le Sénégal», a dit le ministre. Le premier lié à l’aboutissement de cet accord, a-t- il révélé, c’est «nous semble- t- il, la crédibilité du Président de la République du Sénégal, Mr Macky SALL, qui a sollicité et obtenu la réouverture des négociations en Chine, cela grâce à la visite qu’il y a effectué en février 2014».
Le deuxième élément important à tirer, toujours selon leministre, «c’est la qualité de l’expertise scientifique de notre pays : avec brio, nos experts ont répondu aux questions précises posées par la partie chinoise et ont réussi à monter un dossier technique d’une haute facture scientifique».
Le troisième élément que le ministre en a tiré, c’est le dynamisme de la coopération sino- sénégalaise et aussi le dynamisme de la diplomatie sénégalaise qui a réussi à créer les conditions idoines «pour que nous puissions négocier, nous faire entendre et convaincre».
Mais ce partenariat signé avec des opérateurs chinois, relatif à la commercialisation de l'arachide «n’est pas une fin en soi». Le ministre Papa Abdoulaye SECK estime que la restructuration de la filière arachidière sénégalaise appelle des solutions d’une importance capitale ; «et il nous faut certainement avoir une approche systémique de prise en charge de ses problèmes pour espérer optimiser les performances de la filière arachidière sénégalaise».
Les axes de renforcement de la coopération Chine-Sénégal
«C’est pourquoi, en marge de la cérémonie de signature, nous avons échangé avec nos partenaires chinois en vue du renforcement de notre coopération», a ajouté le ministre. Les axes de renforcement portent essentiellement sur trois points.
Le premier, c’est la mise en place d’un centre de démonstration de techniques agricoles ; où effectivement on pourrait tout mettre en œuvre pour renforcer la capacité opérationnelle «de nos acteurs pour qu’ils puissent produire plus, mieux, commercialiser plus et mieux». Le ministre a rappelé que l’information et la formation constituent «de nos jours, des intrants stratégiques majeurs de dopage de la productivité et de la compétitivité d’une filière». «Donc, nous nous acheminons vers la mise en place de ces centres de démonstration de techniques agricoles», a-t- il rassuré.
Le deuxième axe porte sur l’accompagnement de la Chine pour la transformation de «notre arachide ; le Sénégal est pays arachidier, malheureusement notre consommation d’huile n’est pas assurée par notre production endogène». Le ministre a signalé que «nous sommes autour de 170 000 tonnes d’huile consommées au Sénégal dont 71% sont satisfaits grâce à l’huile de palme ; «c’est donc un paradoxe!» Il faut alors, dans le cadre de cette coopération «renforcer nos capacités en terme de transformation familiale, semi- industrielle et industrielle de l’arachide pour que le Sénégal soit aussi autosuffisant pour ce qui est de sa consommation d’huile.
Enfin, le dernier axe porte sur l’assistance pour l’augmentation de la productivité arachidière ; «nous sommes un pays arachidier», a répété le ministre, mais il est important de préciser «que nous avons des rendements bas, la productivité moyenne est de l’ordre de 950 kilos/ha au Sénégal». «En Chine, pays d’où je viens, la productivité est de 3500 kilos/ha, soit plus de 3 fois le rendement moyen au Sénégal», a comparé le ministre. Et, «si nous considérons ce qui se passe au niveau mondial, on constatera que le rendement moyen mondial est de l’ordre de 1675 kilos à l’hectare, soit le double de celui du Sénégal».
Dans ces conditions, Mr SECK considère qu’il faut tout mettre en œuvre pour certainement augmenter la productivité arachidière, trouver des débouchés conséquents susceptibles d’absorber la production «pour que nous puissions être dans une dynamique d’excellence en ce qui concerne la filière arachidière».
La mission en Chine était donc importante, de l’avis du ministre ; «car c’est un des pans de construction d’une filière arachidière forte qui a été questionné et des réponses ont été effectivement apportées. La conviction forte qu’il a est que «cet accord nous permettra de faire des avancées».
«Mais la restructuration de cette filière arachidière va au- delà d’un simple accord que nous avons avec la Chine». Certainement, le ministre sous- entend qu’il faut aussi un changement des attitudes et des comportements ; «il nous faut mieux nous approprier les innovations technologiques, restructurer notre tissu industriel, bref il nous faut faire beaucoup de choses pour une arachide sénégalaise plus forte en vue d’une économie sénégalaise plus forte»