2013, année des rebondissements politiques : Mamour Cissé et Aliou Sow bientôt députés ?

Mamour Cissé et Aliou Sow vont-ils retrouver la place Soweto ? C’est le souhait d’une frange du Comité directeur du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) qui réclame la démission de Me Ousmane Ngom et celle de Oumar Sarr, pour bloquer la procédure de levée de leur immunité parlementaire. Une démission qui propulserait Mamour Cissé et Aliou Cissé à l’hémicycle.


La demande de levée de l’immunité parlementaire des députés Ousmane Ngom et Oumar Senghor, introduite par le procureur spécial et dont l’examen a commencé, hier, au sein de l’Assemblée nationale, sème le trouble dans les rangs des libéraux. Des informations qui nous sont parvenues, deux camps se sont dégagés lors du dernier comité directeur et ont développé des thèses antinomiques. La première école milite en faveur d’une démission pure et simple des deux députés libéraux visés par la procédure. Ce qui permettrait, du coup, de couper l’herbe sous les pieds du procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite. Car une telle situation entraînerait, de fait la, nullité voire l’annulation de cette requête.

La levée de l’immunité parlementaire des députés Oumar Sarr et Ousmane Ngom serait profitable à leurs suppléants directs dur la liste conduite par Oumar Sarr. Il s’agit de Mamour Cissé, dernier Directeur de cabinet du Président Abdoulaye Wade, qui prendra la place de Ousmane Ngom et de Aliou Sow, dernier ministre des Collectivités locales, en remplacement de son (frère) ennemi juré Oumar Sarr.

Interrogés, ces deux responsables dont le premier est leader du Parti social-démocrate / Jant Bi (PSD : Jant bi) et le second, une des têtes de proue du Parti Démocratique Sénégalais, se refusent d’entamer la danse du scalp. Pour Mamour Cissé, «cette affaire est une messe interne au sein du PDS». Alors que Aliou Sow dit ignorer tout de cette question, pour n’avoir «pas été à cette réunion». Quid alors de leur entrée prochaine au sein de l’hémicycle. Là aussi, l’un et l’autre versent dans le diplomatiquement correct. Se basant sur son expérience de parlementaire, le secrétaire général du PSD/ Jant Bi pense que «c’est un autre débat». Pour lui, les choses ne sont pas aussi simples qu’on semble le croire. Seulement, souligne-t-il, «il faut souhaiter que ça se passe dans les règles». Ce dernier de noter et de faire noter que «c’est une affaire de procédure». Le second pressenti, le docteur Aliou Sow, pense que «pour le moment, ce sont des députés. Ils sont actuellement en train de faire leur travail de parlementaire. Ils ne sont pas démissionnaires et bénéficient de leur immunité parlementaire». Quant à sa prochaine participation à la douzième législature, lui qui dans le passé a eu, par deux fois, à être député, Aliou Sow soutient: «Le moment venu, je me prononcerai».

Malgré tout, la décision du PDS est de ferrailler jusqu'à la dernière énergie. Mais peut-on réellement se battre contre le fait majoritaire ?

Au train actuel, force est de reconnaître que le pouvoir en place, dans sa volonté de casser de l'opposition, traquera, jusque dans leurs derniers retranchements, l'ancien ministre de l'Intérieur, Me Ousmane Ngom - véritable tête pensante des libéraux - et le coordonnateur Oumar Sarr, ancien ministre de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'Assainissement. Ce sera une belle manière pour lui de décapiter le PDS. La consigne semble claire, nette et précise : ouvrir la chasse aux sorcières, monter des procès devant la Haute cour de Justice et les condamner, là encore, à cause du fait majoritaire.

 

SOULEYMANE KANE

le pays au quotidien


Bamba Toure

Mardi 8 Janvier 2013 07:11

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