Bby face à une opposition qui se cherche


Bby face à une opposition qui se cherche

A quelque cinq mois des élections législatives de 2017, les différentes forces en présence s’organisent. Si la mouvance présidentielle  compte y aller sous la bannière de  Benno bokk yaakaar (BBY), l’opposition elle se cherche encore.

La bataille des prochaines élections législatives de 2017 ne sera pas de tout repos pour les acteurs politiques sénégalais. A quelques mois de ces joutes, les différents états-majors affûtent leurs armes et s’organisent en conséquence. Au sein de la coalition de la mouvance présidentielle, tout semble en effet fin prêt pour engager cette bataille. Même si jusqu’ici le choix de la personne devant diriger la liste nationale de BBY n’est pas encore fait, il est fort probable qu’il y ait un changement majeur par rapport au schéma mis en place aux élections législatives de 2012.

Mieux, il y a peu de chance que Moustapha Niasse ne soit pas reconduit en tant que tête de liste nationale de la coalition BBY si on sait que le président de la République a toujours comme base de négociation avec ses alliés les résultats de l’élection présidentielle de 2012, à l’issue de laquelle le Secrétaire général de l’Alliance des forces de progrès (AFP) était sorti troisième derrière Abdoulaye Wade et Macky Sall et devant Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire général du Parti socialiste (PS), arrivé quatrième.

Gage de loyauté de Niasse et position inconfortable de Tanor

C’est dire que le Président Macky Sall tient beaucoup à son allié ‘’progressiste’’ qui ne rate aucune occasion pour lui témoigner ses gages de fidélité. Moustapha Niasse est en effet l’un des rares alliés du président de la République qui a renoncé à toute ambition présidentielle de son parti. Son alliance avec le président de la République lui a en effet coûté les départs de l’ancien numéro 2 de l’AFP, Malick Gakou ainsi que 17 autres cadres qui ont été renvoyés parce que tout simplement, ils réclamaient une candidature de leur parti en 2019 face à Macky Sall.

Un gage de loyauté que le Président Sall ne saurait passer par perte et profit au bénéfice de son parti qui n’est pas assez structuré au niveau national, ou du PS miné par une dissidence conduite par Khalifa Sall. Ce dernier envisage d’ailleurs de présenter ses propres listes. C’est  pourquoi le chef de l’Etat n’a pas trop tardé à siffler la fin de la récréation lorsque des jeunes de son parti se sont attaqués au président de l’Assemblée nationale. Macky Sall, à travers le porte-parole de son parti Seydou Guéye, a aussitôt exhorté tous les membres de l'APR à travailler avec les alliés membres de BBY et des autres cadres qui soutiennent son action à la tête de l'Etat,  ‘’dans un esprit d'ouverture, d'unité, de fraternité, en vue d'une large victoire  aux élections législatives du 30 juillet 2017’’.

Coalitions disparates

Il faut relever toutefois que malgré ces quelques péripéties, la mouvance présidentielle est beaucoup plus susceptible à trouver des consensus forts que l’opposition. Celle-ci, malgré toutes ses multiples tentatives d’organisation, semble se perdre dans des coalitions disparates. D’abord organisée dans le Front patriotique pour la défense de la République (FPDR), elle mettra en place une nouvelle coalition lors de la campagne pour le référendum du 20 mars 2016. La coalition Gor ca wax ja, qui a regroupé au départ, outre le Parti démocratique sénégalais et ses alliés traditionnels dont AJ/PADS, le Rewmi d’Idrissa Seck, la Convergence libérale et démocratique/Bokk gis gis (CLD/BGG) ou encore l’Union centriste du Sénégal (UCS) d’Abdoulaye Baldé et le Grand parti de Malick Gakou, entre autres, a volé en éclat lors du dialogue national lancé par le président de la République.

Macky Sall, en bon stratège, a, à travers cette initiative, brisé l’élan d’une opposition qui s’était complétement reconfigurée et organisée dans un seul cadre, en semant la discorde entre ses membres. Pour faire face, l’opposition s’organise de nouveau à travers le Front pour la défense du Sénégal/Manko Wattu Senegaal (FDS/MWS). Mais cette coalition semble porter en elle-même les propres germes de sa déstructuration. Puisqu’en son sein, s’organise une autre coalition : Samm li nu bokk qui regroupe l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (ACT) d’Abdoul Mbaye, Patriotes du Sénégal pour la transparence, l’éthique et la fraternité (PASTEF) d’Ousmane Sonko ainsi que d’autres partis qui ne sont pas forcément membres de MWS. Il s’agit de Taxaw Temm d’Ibrahima Fall, Yoonu askan wi et le Front national de salut public/Moom sa réew de Malick Noël Seck. Ces partis, tout comme leurs alliés de Manko Wattu Senegaal, ambitionnent de présenter leurs propres listes.

A côté de ces partis classiques, d’autres formations s’organisent également. Il s’agit de la Plate-forme Avenir Sénégal bi nu beug (le Sénégal que nous voulons). Ce mouvement de la société civile devenu récemment parti politique, a lui aussi décidé de présenter des listes aux prochaines élections législatives sous la bannière d’une coalition qui composera d’autres forces qui souhaiteront cheminer avec lui et qui partageraient le même idéal et la même vision du ‘’député bi nu beug’’ (le député que nous voulons).

A travers cette configuration, l’opposition est partie pour se présenter aux prochaines joutes électorales en rangs dispersés. Une situation qui profiterait plus à la coalition de la mouvance présidentielle.



Vendredi 17 Février 2017 - 06:20

















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